Communiqué de presse
65 ans pour les pilotes, hôtesses et
stewards :
une mesure inacceptable et dangereuse
La
Fédération Nationale
des Transports CGT s’insurge contre le dépôt dans la discussion du projet de
loi de financement de la sécurité sociale de quatre amendements visant à
augmenter l’âge de cessation d’activité des personnels navigants de l’aviation
civile, les faisant passer de 55 à 65 ans pour les hôtesses et stewards et de
60 à 65 ans pour les pilotes.
La
Fédération Nationale
des Transports CGT dénonce à la fois le fond des textes et la forme du procédé.
Ces amendements, s’ils étaient adoptés, couplés au projet de réforme de la CRPN
(Caisse de Retraite du Personnel navigant) conduirait à une dégradation
inacceptable des conditions de vie et de travail des personnels navigants au
détriment de leur santé et de la sécurité des passagers.
La
Fédération Nationale
des Transports CGT a décidé de se rapprocher de l’ensemble des organisations
syndicales du secteur pour organiser une réponse à la hauteur de la provocation. Elle
proposera un mouvement de grève, touchant l’ensemble de l’aviation civile
française dans les prochains jours, pour faire reculer les députés.

N° 54 - Roissy - Octobre 2008
Si on peut sauver les banques,
on peut préserver nos emplois !
Pour des garanties pérennes de nos emplois
La CGT retient deux aspects essentiels :
• L’entreprise travaille sur un scénario de recul de notre activité avec un impact sur le niveau des effectifs qui se situerait à 55 228 à l’horizon 2011 au lieu des 58 178 initialement prévus.
• L’emploi n’est plus garanti par l’employeur.
A l’issue de la présentation du Président, la CGT a fait la déclaration suivante :
Depuis quelques semaines, les fondamentaux de l’économie de marché s’effondrent.
Cette dépression économique ne constitue pas une surprise :
• Pour tous ceux qui depuis des années contestent la recherche forcenée du profit maximum immédiat au détriment du social ;
• Pour tous ceux qui prônent la régulation plus que la concurrence ;
• Pour tous ceux qui prônent la retraite par répartition plutôt que les fonds de pensions aujourd'hui aux abois.
En bref, le choix erroné de privilégier la spéculation financière contre l’économie réelle porte aujourd'hui ses fruits amers.
Ce choix impliquait la privatisation d'Air France que la majorité des salariés de la Compagnie a contestée.
Et à aucun moment, les accords qui ont accompagné la privatisation n'ont garanti l'emploi.
C'est la raison pour laquelle la CGT ne les pas signés.
Ces accords ont assuré une relative « paix sociale » mais pas l'emploi, lequel n'était en fait « garanti » qu'en l’absence de crise !
L'emploi a été pour l'essentiel préservé :
• Par la croissance ;
• Par les résultats obtenus, c'est-à-dire par les salariés eux-mêmes.
Aujourd'hui, le Président de la Compagnie est venu nous annoncer :
• Que l’économie de la Compagnie est atteinte par la crise, peut être de façon durable, ce qui nous conduirait alors vers une « Croissance Zéro » ;
• Que par conséquent le prochain « accord » ne contiendrait plus de garantie de l'emploi.
Dans le même temps, les Etats officiellement surendettés mobilisent des centaines de milliards d’Euros pour « sauver les banques ».
Bien sûr il y a un intérêt pour les particuliers, pour les salariés, à la préservation de leurs comptes bancaires.
Mais quel sens auraient ces « sauvetages » s’ils devaient se limiter au « sauvetage des banquiers », si la facture de la crise devait être payée par les salariés eux-mêmes au prix de leur emploi ?
Le Président d’Air France a annoncé l’idée que tous les acteurs de l’économie porteraient une responsabilité dans la crise.
Dans ces conditions, une réponse efficace à la crise ne peut se limiter à une logique simpliste qui consisterait à sacrifier l’emploi quand la croissance n’est pas au rendez-vous.
S’il y a une leçon à tirer de cette crise c’est bien d’avancer sur une manière de « gérer » autrement.
L’emploi ne peut plus être une éventuelle conséquence de la croissance mais bien un objectif en soi pour chacune et chacun.
S’il y a des milliards pour sauver le système bancaire, il y a les moyens de maintenir nos emplois.
Bien évidemment la CGT Air France sera attentive à l’évolution de la situation et participera à toutes les instances de concertation mises en place.
Mais en aucun cas nous ne considérerons le sacrifice des emplois comme une fatalité inévitable.
Après le retentissant échec des « Mozart de la finance », envisager l’avenir de façon durable implique de passer à d’autres formes de management plus respectueuses de l’emploi des salariés.
Dans ce contexte, la CGT s’engage à faire de la défense de l’emploi sa priorité, ce qui ne peut s’effectuer qu’en pesant sur les orientations stratégiques et économiques de l’entreprise.
Exigeons dans un premier temps :
• La mise à l’étude du rapatriement des activités sous-traitées dans tous les secteurs de la compagnie, notamment à la DGE, la DGI et le Fret ;
• La prise en compte des besoins des passagers et des réalités géographiques au travers, notamment de la réouverture de lignes au départ de la province et d’Orly ;
• Le développement des effectifs au Commercial France, dont la présence est indispensable sur l’ensemble du territoire national pour maintenir et développer nos recettes ;
• L’arrêt de la progression de toute forme de précarité qui, en plus de constituer une aberration sociale, est souvent contre productive pour l’entreprise elle-même.
La CGT Air France, après une analyse complète de la situation exposée par la direction, fera des contre-propositions de nature à démontrer que les exigences ci-dessus sont réalistes et de nature à sauver nos emplois. D’autres perspectives sont possibles !

CFDT CFTC FO SNPNC SUD Aérien
UGICT-CGT UNSA UNAC
Le 1er novembre 2008.
Les huit syndicats réunis ce jour ont pris la décision unanime de reporter le mouvement de grève prévu les 4, 5, 6, 7 et 8 novembre 2008.
Ils prennent acte de certaines avancées sur les amendements proposés cette nuit à l’Assemblée Nationale.
La pression syndicale a permis d’obtenir :
§La possibilité d’un reclassement au sol à partir de 55 ans dans des conditions identiques à celles d’aujourd’hui ;
Pour ceux qui le souhaitent, la possibilité de poursuivre une activité vol au-delà ;
L’ensemble de ces mesures serait applicable à compter de janvier 2010.
Néanmoins, les huit syndicats considèrent que les négociations entamées avec le gouvernement doivent se prolonger afin d’obtenir le déblocage des points demeurant inacceptables :
§ La limite d’âge de 65 ans qui est inadmissible notamment en termes de sécurité et de pénibilité ;
§ L’absence de précision concernant la rupture du contrat de travail qui, dans tous les cas, doit être du fait de l’employeur et non pas assimilée à une démission.
Nous serons vigilants sur les engagements pris par le gouvernement et sur l’évolution favorable de l’amendement lors de son passage devant le Sénat mi-novembre et devant la commission mixte paritaire du Parlement début décembre.
Les syndicats rappellent leur volonté de voir maintenues les conditions actuelles de pension CRPN.
En conséquence, la grève nationale
est reportée aux 5, 6, 7, 8 et 9 décembre prochains.

Grève maintenue mais
reportée chez Air France
Selon Xavier Bertrand, le fait que la mesure ne soit pas obligatoire est une précaution suffisante.
Samedi, les huit syndicats d'Air France qui avaient appelé à la grève pour la semaine prochaine ont maintenu leur mouvement mais ont décidé de le reporter au 5, 6, 7, 8 et 9 décembre pour faire pression sur les sénateurs qui doivent également étudier la réforme.
Le Syndicat national des pilotes de lignes a lui appelé les pilotes de toutes les compagnies aériennes françaises à une grève nationale du 14 au 17 novembre.
Pour Xavier Bertrand, il ne s'agit que de "permettre aux personnels navigants qui le souhaitent d'exercer au delà de l'âge de 60 ans pour les pilotes et de 55 pour les hôtesses".
Dans la nuit de vendredi à samedi, l'Assemblée nationale a rendu possible, dans le cadre du projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2009, la prolongation jusqu'à 65 ans, sur la base du volontariat, de l'activité des pilotes, contre 60 ans actuellement, et les stewards et hôtesses de l'air, contre 55 ans actuellement.
Une réforme jugée "inacceptable et dangereuse" par les huit syndicats d’Air France qui ont finalement appelé à la grève les 5, 6, 7, 8 et 9 décembre prochains.
Dans un premier temps, le mouvement lancé par la CFDT, la CFTC, FO, le SNPNC, Sud aérien, la CGT, l’Unac et l’Unsa était prévu du 4 au 8 novembre.
Mais les organisations syndicales ont décidé de repousser l’échéance pour "mettre la pression sur les sénateurs", qui doivent désormais se prononcer sur l'amendement, et sur la commission mixte paritaire Sénat-Assemblée nationale, qui va avoir lieu fin novembre-début décembre.
Le Syndicat national des pilotes de lignes a de son côté appelé les pilotes de toutes les compagnies aériennes françaises à une grève nationale du 14 au 17 novembre.
"Il n'y a eu aucun débat sérieux sur cette question alors qu'elle a des conséquences très nombreuses sur la sécurité des vols et la santé des personnels", a déploré Erick Derivry, porte-parole du syndicat qui représente 80% des pilotes d'Air France.
Pour lui, les députés ont cédé aux exigences d'un "petite minorité de pilotes qui approchent 60 ans alors qu'une grande majorité pensent que 60 ans est une bonne limite".
Sylvie Guillon, hôtesse de l'air à Air France et déléguée CGT, met elle en avant la pénibilité du travail des personnels navigants.
Selon Xavier Bertrand, "il y a vraiment la possibilité d'éviter la grève" annoncée, "puisque les réponses sont apportées".
"C'est la même démarche que nous avons menée pour les régimes spéciaux des retraites", a-t-il dit, en précisant que "cela se fera avec un suivi médical renforcé".
Par ailleurs, les pilotes et hôtesses pourront demander, dès 55 ans, leur reclassement dans un emploi au sol.
Si cela s'avère impossible, "il y aurait rupture du contrat de travail".
Communiqué de presse
Age de cessation d’activité des pilotes, hôtesses et stewards : laissons la place au dialogue social
La FNST CGT considère que l’ensemble des amendements et sous-amendements déposés à l’Assemblée Nationale dans le cadre de la discussion du projet de loi de financement de la sécurité sociale visant à porter l’âge de cessation d’activité des personnels navigants à 65 ans sont inacceptables.
Les amendements doivent être retirés.
La FNST CGT est disposée, en lien avec les autres organisations syndicales, à participer à des discussions, une fois cette condition respectée.
Dans l’attente d’une réponse du gouvernement et des députés, la CGT continue à travailler avec les autres organisations syndicales à une grève nationale les 4, 5, 6, 7 et 8 novembre prochain.
A Montreuil, le 31 octobre 2008
Les discussions que nous avons avec les personnels montrent qu’une grève dans le transport aérien sur ce sujet sera massive. Pour autant, dans un contexte difficile pour l’économie, nous pensons que celle-ci peut être évitée pour peu que les conditions soient réunies. Aussi, nous proposons que le gouvernement travaille avec sa majorité parlementaire pour redonner au dialogue social la place qui doit prévaloir sur un sujet aussi lourd.
Les discussions sur ce sujet ne peuvent se faire que dans un contexte serein et pas sous la pression d’amendements déposés de manière irresponsable et sans aucune négociation avec les organisations syndicales représentatives.
Ils vont obliger, s’ils sont votés, les personnels navigants à travailler jusqu’à 60 voire 65 ans au détriment de leur santé et de la sécurité des passagers. Même si un choix peut subsister pour les salariés de partir plus tôt, le dispositif est suffisamment dissuasif pour qu’il n’exerce pas ce droit.

Intervention de Bernard Thibault
Meeting Ile de France
25 septembre 2008
Bonjour à toutes et à tous
Je veux d’abord vous remercier d’être venus nombreuses et nombreux à ce meeting.
Merci aux camarades qui avant moi viennent de témoigner de la gravité de la situation mais aussi de leur détermination à agir pour changer cette situation.
Merci pour ces exemples de luttes et félicitations à celles et ceux qui par leur engagement et leur détermination ont obtenu des succès sur les revendications.
Ces exemples sont un encouragement pour chacun d’entre nous, militants et militantes CGT, syndiqué(e)s ou salarié(e)s, un encouragement à s’engager dans l’action collective dans les entreprises et les localités pour faire valoir nos droits et construire ainsi la riposte sociale à la régression que le Medef et ce gouvernement veulent imposer au monde du travail.
Cette riposte, les salariés en ont besoin, un besoin urgent.
Grâce à vous et à votre mobilisation nous allons la construire. Nous allons y consacrer toutes nos forces, toutes nos intelligences, toutes nos disponibilités.
Nous allons le faire ici en Ile de France et sur l’ensemble du territoire.
Notre meeting d’aujourd’hui est un des 7 grands meetings inter régionaux que la CGT a programmés en ce mois de septembre.
La forte participation aux réunions qui se sont déjà tenues est déjà une indication sur notre état d’esprit : ne pas se laisser faire.
Nous affichons notre ambition d’aller de l’avant, d’être à l’initiative par la construction d’actions collectives unitaires dans les branches professionnelles, les entreprises, par la coordination des mobilisations à chaque fois que les conditions sont réunies.
La CGT se place résolument à l’offensive !
Oui, la mobilisation collective, cela paye !
Depuis le début de l’année et singulièrement en cette rentrée, nous avons plusieurs exemples de luttes victorieuses dans les entreprises.
Je pense à l’imprimerie Helio Corbeil où la lutte menée depuis 18 mois permet le maintien de l’activité malgré la volonté de la multinationale Quebecor de stopper la production.
Je pense à la SNECMA Gennevilliers. C’est 150 euros d’augmentation après plusieurs jours de grève,
Ou encore à cette entreprise de transport à La Courneuve où les salariés obtiennent un rappel sur 7 ans des majorations des heures de nuit et une prime d’un demi mois de salaire.
Vous connaissez sans doute d’autres exemples de luttes sur les salaires et sur l’emploi qui se traduisent par des résultats concrets, immédiats et significatifs pour les salariés concernés.
Oui la mobilisation collective cela paye !
Regardez ce que nous venons avec des centaines d’associations de faire contre le fichier Edvige, contre cet outil de fichage généralisé de la population. Ce scandaleux outil de fichage de tous les syndicalistes traités comme des délinquants potentiels alors que la liberté syndicale, rappelons le haut et fort, est un droit constitutionnel. Edvige est en train de sombrer. C’est une victoire de la démocratie et la défense des libertés publiques. C’est une victoire de la mobilisation, une mobilisation qui va continuer notamment le 16 octobre à l’occasion de la Sainte Edvige puisque nous devons rester vigilants concernant le nouveau décret.
Oui, la mobilisation cela paye !
Permettez moi de saluer de manière particulière la lutte exemplaire des camarades sans papiers. Il ne faut pas le nier, c’est un combat difficile. Vous avez tous entendu il y a quelques instants leurs témoignages. Leur situation est parmi les plus difficiles, souvent inhumaine. Ils sont victimes de toutes les pressions, de toutes les intimidations. On leur dénie tout droit et pourtant ils ont trouvé la force de s’unir, de se syndiquer, de se mettre en grève, de tenir et ils gagnent ! Ils font valoir leurs droits de travailleurs. La CGT est naturellement l’organisation pour ce combat là. C’est avec satisfaction, chers camarades, que nous pouvons annoncer aujourd’hui que nous venons de franchir la barre des 1 000 régularisations de travailleurs sans papier.
1 000 hommes et femmes qui ne seront plus condamnés à courber l’échine au travail, à raser les murs dés qu’ils sortent dans la rue. Nous avons bien sûr conscience qu’il y a encore des milliers de situations à résoudre. Ce mouvement a généré plus de 70 grèves en Ile de France. Je le dis aux employeurs et au gouvernement : vous feriez mieux de ne pas tergiverser davantage.
Oui, la mobilisation paye. Et pour gagner, il faut lutter. Je dirais même « pour gagner plus il faut lutter plus ! »
Comme pourrait le dire une pub : « 100 % de ceux qui ont gagné ont lutté ! »
Parce que la mobilisation paye, nous voulons multiplier en cette rentrée les initiatives dans les entreprises et les branches professionnelles.
Nous avons au moins deux rendez-vous communs qui vont permettre à l’ensemble des salariés d’agir et de s’exprimer :
Le 7 octobre, grande journée d’action interprofessionnelle et internationale à l’appel de 6 organisations syndicales françaises.
Le 3 décembre, où 18 millions de salariés vont élire leurs représentants aux conseils de prud’hommes.
Je vais revenir précisément sur ces deux rendez-vous, mais je veux tout de suite les replacer dans la cohérence de notre démarche.
Ce qui fait aujourd’hui notre force, c’est justement la cohérence de notre démarche en même temps que l’investissement de chacune et chacun d’entre vous.
Contrairement à beaucoup d’autres organisations, nous ne naviguons pas au gré des courants, nous ne surfons pas sur les vagues médiatiques, nous ne nous complaisons pas à dire tout et son contraire, nous avons une stratégie, celle d’être un acteur crédible, un acteur incontournable et sans doute l’acteur principal des transformations sociales.
Notre ambition est de mettre au cœur de ce débat social les salariés eux-mêmes.
Nous voulons que ce soit les revendications des salariés, des chômeurs, des retraités et non celles du patronat qui occupent le devant de la scène.
La CGT vient de commander une enquête auprès des français. Leurs réponses sont sans appel :
à 93 % attendent des changements du modèle social français mais ils ajoutent aussitôt que ce sont certains points qui doivent être réformés et non pas une mise en pièce généralisée,
à 82 % considèrent indispensable que le gouvernement négocie les changements avec les syndicats.
C’est pourtant loin d’être le cas aujourd’hui comme vous le savez.
Qu’on cesse donc de nous faire des procès en immobilisme ou en contestataire permanents. C’est bien le contenu et la finalité des réformes qui sont en cause.
Nous voulons être une force aux côtés des salariés. Une force plongée dans le quotidien de leur travail. Une force construite par eux et pour eux. Une force qui fait de la solidarité un moyen d’action et de l’unité des salariés et des organisations syndicales une stratégie.
L’unité et le rassemblement, nous savons tous que ce n’est pas facile, que ce n’est jamais facile, notamment en période électorale.
Si notre motivation n’était que d’exister, un esprit de boutique pourrait à la rigueur tenir lieu de stratégie. Mais laissons cela à d’autres. Nous, nous visons tout autre chose. Quelque chose de plus grand, de plus noble et de plus enthousiasmant aussi. Nous visons la défense de l’intérêt général, le progrès social pour toutes et tous. Et pour cela nous n’avons d’autre alternative que de chercher à rassembler le plus largement. C’est une des conditions à réunir pour avoir les plus grandes chances de succès.
La période est marquée, comme rarement, par le mécontentement d’une majorité de la population et les attentes sociales.
62 % considèrent que le gouvernement applique une mauvaise politique économique et sociale.
Elle porte aussi la marque des inquiétudes dans un contexte économique fortement dégradé et une situation internationale préoccupante.
La crise financière actuelle est la plus grave qu’ait connue l’économie mondiale depuis des décennies. Elle mérite qu’on s’y arrête un moment. Elle est en effet inexplicable par la doctrine libérale et contredit tous les discours patronaux et gouvernementaux qu’on nous tient depuis des années.
Souvenez-vous : le développement des marchés financiers, la créativité financière sans fin, la multiplication de produits de plus en plus sophistiqués, toutes ces innovations formidables devaient diluer les risques et conduire à ce qu’on appelle une meilleure allocation des ressources. On nous présentait le taux de croissance relativement élevé de l’économie mondiale, le faible niveau des taux d’intérêts, l’abondance des liquidités comme autant de preuves de l’efficacité de la globalisation financière, autant de gages d’une croissance robuste et durable.
Et c’est au nom de cette prétendue efficacité que la finance a pris non seulement une place disproportionnée dans l’ensemble de l’économie mais qu’elle a prétendu dicter sa loi à toutes les activités. Les acteurs financiers ont pris la main dans la gestion des entreprises, les actifs financiers ont pris le pas sur les investissements en machines et en capacités de production, le cours de Bourse est devenu l’alpha et l’oméga de toute stratégie, les exigences des actionnaires la seule contrainte à satisfaire.
La contrepartie de cette « financiarisation » de l’économie, de cette recherche effrénée de hauts niveaux de rentabilité, nous la connaissons : c’est ce que nous vivons quotidiennement dans les entreprises. C’est la pression sur les salaires, l’emploi comme variable d’ajustement, l’aggravation des conditions de travail, la précarisation, la flexibilité, l’extension des horaires, la dévalorisation du travail dans le processus productif. C’est aussi la souffrance grandissante de millions de salariés.
Le « capitalisme financier » n’est qu’un des aspects du capitalisme tout court, ce capitalisme qui accumule des profits colossaux, privatise les richesses et qui en cas de difficultés demande à l’Etat de voler à son secours en nationalisant ses pertes pour que tout puisse recommencer comme avant.
Il y a une certaine duplicité de la part de certains responsables politiques et des gouvernements à chercher des coupables à la situation actuelle alors que ce sont leurs propres choix politiques qui ont contribué à la créer.
Pourquoi devrions-nous faire confiance à ceux qui nous ont conduit là pour trouver les bonnes solutions à la sortie de crise ?
Ils ont été sourds à tous nos avertissements et nos mises en garde. Ils doivent maintenant entendre l’opinion des salariés qui ne peuvent pas, une nouvelle fois, être floués.
Ils doivent entendre les propositions syndicales.
Il faut une nouvelle régulation du secteur bancaire et financier. C’est une évidence mais on ne résoudra pas la crise sans revaloriser le travail et sa place dans la vie économique et sociale, sans développer l’emploi, sans investir dans la formation des femmes et des hommes, sans combattre les inégalités, sans définir une stratégie industrielle qui ne peut se résumer aux visites d’un président sur un chantier naval ou dans une aciérie.
Il faut réorienter les financements, l’épargne et le crédit vers l’investissement productif, la recherche, les nouvelles productions.
C’est le sens de la proposition CGT de mettre en place rapidement un pôle public de financement.
Il faut une dimension sociale à la construction européenne pour sortir de la crise. Elle est aujourd’hui absente des priorités de la présidence française de l’Union européenne.
Et surtout on ne résoudra pas la crise sans augmenter les salaires.
Et qu’on ne nous fasse pas le coup des temps difficiles. Qu’on ne nous dise pas que le coût du travail est déjà trop élevé, qu’il est impossible d’augmenter les salaires, comme la Présidente du Medef l’a redit ce matin sur une radio.
Quand les profits battent des records, ce n’est pas le moment.
Quand les prix des carburants, de l’énergie, des loyers, des produits alimentaires flambent, ce n’est pas le moment.
Quand la croissance fléchit, ce n’est toujours pas le moment.
A les entendre, ce n’est jamais le moment.
Ce n’est pas la CGT mais les 5 000 organisations qui travaillent avec la banque alimentaire qui s’alarment de voir de plus en plus de français dans l’impossibilité de se nourrir normalement.
La demande d’aide a augmenté de plus de 8 %.
15 % de ceux qui ont besoin d’aide alimentaire travaillent. C’est ce qu’on appelle les « travailleurs pauvres ».
Eh bien pour la CGT, c’est toujours le moment de lutter pour les revendications, surtout quand elles portent l’intérêt général.
Pour impulser cette nouvelle dynamique salariale indispensable à la solution des problèmes et au retour à la croissance la CGT propose désormais de porter immédiatement le Smic à 1 600 euros par mois.
Le Président Sarkozy lui aussi fait son Zénith, ce soir, à Toulon.
La salle est plus petite que la nôtre. D’après vous, quelles sont les images qui ont des chances de passer au 20 heures ?
Nous allons naturellement être attentifs aux propos présidentiels qui seront diffusés depuis le « boulevard du Commandant Nicolas » ! Je n’invente rien, c’est l’adresse du Zénith.
Depuis 500 jours qu’il est au pouvoir, son gouvernement n’a eu de cesse de satisfaire les revendications patronales : pour abaisser le coût du travail, accroître la flexibilité, étendre la précarité, déréglementer le temps de travail, contraindre les chômeurs à accepter un véritable dumping social.
Il a consacré des milliards d’euros à un paquet fiscal qui a permis aux plus riches d’échapper à l’impôt et de continuer à alimenter les marchés financiers. Il a non seulement manié l’injustice avec cynisme, creusé les inégalités, mais privé le pays des marges de manœuvres budgétaires nécessaires à la protection de notre pays et de nos emplois.
Il ne peut aujourd’hui prétendre n’être pour rien dans la dégradation d’une situation qui était prévisible et sur laquelle la CGT a maintes fois alerté. Si des salariés, qui avaient cru entendre dans les promesses du candidat à l’élection présidentielle que leur situation allait peut-être s’améliorer, ont de quoi déchanter, la CGT, elle, n’est pas surprise et ne compte pas dans le camp des déçus du sarkozysme.
C’est dans cette situation, quand les marchés font preuve de leur incapacité à s’autoréguler, qu’on nous propose de franchir une nouvelle étape dans la dérégulation de la société française.
Ils veulent aujourd’hui ouvrir le capital de la Poste, notre plus ancien service public, pour le privatiser. Ils concoctent une loi sur l’organisation de l’hôpital et le système de Santé qui, de fait, organise le transfert massif au privé et constitue une véritable rupture dans la conception même de notre système de santé. Ils prétendent couper les vivres à l’audiovisuel public, mettre en œuvre des réformes de l’école sans aucune concertation, affaiblir encore la puissance publique en ne remplaçant pas un fonctionnaire sur deux partant à la retraite.
Mesures après mesures, réformes après réformes, c’est une société profondément différente de celle que nous connaissons qui est en train de se mettre en place. Une société plus injuste, plus inégale, une société où seuls ceux qui disposeront de rentes confortables pourront convenablement se soigner, se former, se distraire, communiquer.
Disons le clairement, l’élection au suffrage universel ne donne aucun blanc seing pour remodeler à sa guise une société, aucun mandat pour remettre en cause les principes de solidarité qui jusqu’ici ont prévalu dans notre organisation sociale.
Sur tous ces sujets nous allons livrer bataille.
- Nous ne laisserons pas privatiser la Poste !
- Nous ne laisserons pas s’installer la marchandisation des besoins de santé !
- Nous ne permettrons pas qu’on taille en pièces l’hôpital public et la Sécurité sociale !
- Nous n’acceptons pas les suppressions de postes dans l’éducation nationale et le non remplacement d’un fonctionnaire sur deux.
Ces batailles nous allons les mener avec les syndiqués, les salariés de ces différents secteurs. Mais mesurons bien que même si nous avons dans la santé ou à la Poste des forces syndicales conséquentes, on ne peut pas attendre des personnels qu’ils portent seuls des enjeux lourds qui sont au sens plein du terme des enjeux de société.
Ils exigent donc un engagement de nous tous parce qu’ils ont à voir avec la défense de l’intérêt général, nous devons nous efforcer d’y impliquer le plus grand nombre de citoyens.
C’est le sens par exemple de la revendication de notre Fédération des Activités postales d’un vaste débat public sur le devenir et la transformation du service public de la Poste qui pourrait se conclure, le moment venu, par un referendum.
C’est aussi le sens de notre initiative dans le domaine de la santé où nous proposons à tous les acteurs du secteur ‑ syndicats, associations de malades ou de familles, collectifs ou comités de défense de l’hôpital, mouvement mutualistes – soucieux de la situation et de la dégradation de notre système de santé de se réunir pour construire ensemble une initiative de rencontre et de débat sur les enjeux de santé.
Créer les conditions du rassemblement et de la mobilisation du plus grand nombre est un des objectifs essentiels que nous devons nous assigner en cette rentrée.
Toute personne dans le monde doit avoir un emploi lui permettant de mener une vie digne répondant à ses besoins essentiels.
C’est bien parce que les salariés du monde sont confrontés aux mêmes fléaux générant précarité et pauvreté que le mouvement syndical a décidé de passer à l’offensive de manière coordonnée en faisant du 7 octobre une journée de luttes dans tous les pays pour le travail décent.
En France, 6 syndicats appellent toutes les professions sur l’ensemble du territoire à une mobilisation de grande ampleur :
- Pour des emplois de qualité,
- Des salaires revalorisés,
- L’amélioration des conditions et de la durée du travail,
- Pour une protection sociale et de retraite garantie et de haut niveau,
- De services publics efficaces et contribuant à la cohésion sociale.
Nous avons quelques jours pour décider avec les salariés des revendications à défendre le 7 octobre et pour définir les formes et les modalités de l’action, y compris en ayant recours à la grève.
Nous avons besoin de manifester tous ensemble.
A cet égard, Paris sera en quelque sorte décrétée capitale mondiale de la lutte puisque après une manifestation à 15 H 30, nous nous retrouverons Place du Trocadéro pour un meeting-concert en présence de plusieurs syndicalistes des différents pays.
Il paraît que maintenant, on n’est pas trop visible quand il y a des grèves. Et bien le 7 octobre, Cher(e)s Camarades, on doit nous voir, on doit nous entendre pour une grande journée de lutte interprofessionnelle.
Disons le, tous les combats ne sont pas victorieux. Bien souvent on attend du syndicalisme, et de la CGT en particulier, des résultats que compte tenu de nos forces organisées nous ne pouvons pas toujours obtenir.
Le nombre trop faible de salariés organisés dans la CGT continue de représenter un boulet que nous traînons dans tout ce que nous avons à entreprendre. C’est au dépassement de cette situation que nous devons travailler sans relâche, en aidant au rassemblement le plus large possible mais en veillant aussi à la syndicalisation et au renforcement de notre organisation.
Pour ce faire, la CGT doit rester elle-même. Ouverte à toutes les femmes, tous les hommes, quels que soient leur génération, leur métier, leur statut de salarié.
La CGT revendique le pluralisme des opinions dans ses rangs.
Les engagements personnels au plan politique, philosophique ou religieux sont respectés. Chacun et ensemble nous veillons au respect de notre indépendance.
Raison de plus pour être attentif à tout ce qui pourrait diviser.
Pas plus aujourd’hui qu’hier la CGT ne se laissera dicter sa conduite par quelque parti politique que ce soit. Elle ne sera jamais ni l’instrument ni l’otage de personne. Et pas d’avantage un champ d’affrontements politiques.
On le sait, les périodes de crise sont toujours l’occasion pour les employeurs de culpabiliser les salariés et faire de leur emploi et de leur salaire les variables d’ajustement de leur management.
La revendication pour le pouvoir d’achat renvoie évidemment, comme je l’ai dit, à celle des salaires et de leur nécessaire augmentation. Mais elle concerne aussi celles relatives à la retraite.
Nous assistons à une insupportable paupérisation de centaines de milliers de retraités. Les dernières mesures du gouvernement, loin d’inverser la tendance, ne font et ne feront qu’aggraver la situation.
Nous devons poursuivre notre bataille réunissant toutes les générations pour conforter notre système de retraite solidaire et améliorer le niveau des retraites.
Je profite de ce meeting pour saluer la mobilisation de toutes les organisations syndicales de retraités le 16 octobre prochain et vous invite toutes et tous à y participer. Ils ont raison, les 0,8 % d’augmentation arrachés au 1er septembre ne font décidemment pas le compte. L’augmentation réelle des retraites pour 2008 est au total de 1,3 % alors que l’inflation caracole au-delà des 3,6 % !
Les derniers mois ont vu la flambée des prix des produits alimentaires, du logement, des carburants.
Avec le renchérissement des loyers et des coûts d’accession à la propriété, le poste logement engloutit entre un quart et un tiers de revenus des ménages. Il manque près d’un million de logements sociaux ou économiquement accessibles et pourtant c’est le moment que choisit ce gouvernement avec la Loi Boutin pour prétendre ponctionner le 1% Logement et remettre en cause sa gestion paritaire.
Concernant les mesures pour la prise en charge des frais de transport domicile travail, elles ne sont aucunement à la hauteur des problèmes auxquels sont confrontés les salariés du fait de l’augmentation des prix des carburants. La généralisation du remboursement de 50 % des titres de transport collectif présente un réel intérêt. Par contre, la prime « essence » resterait aux seuls bons vouloirs des employeurs. Sans mobilisation dans les entreprises, cela restera virtuel comme dans le précédent dispositif.
Je vous signale, par exemple, que les salariés de GTM dans la construction ont arraché une prime transport couvrant 40 % de leurs frais d’essence.
Le ralentissement économique produit déjà