Sûreté nucléaire:
La CGT fait le lien avec
les conditions de travail

PARIS - La CGT a souligné vendredi la nécessité de prendre en compte les conditions de travail des salariés pour assurer la sécurité nucléaire, réclamant une table ronde sur le sujet, après l'incident survenu sur le site du Tricastin (Vaucluse) le 8 juillet.
"La CGT demande au Premier ministre l'organisation d'une large table ronde dans les meilleurs délais sur la situation de la filière nucléaire en termes de sécurité comme en termes d'emploi et de conditions de travail", dans un communiqué commun avec sa fédération mines-énergie.
"La filière nucléaire doit être exemplaire du point de vue de la sécurité", jugent les deux organisations syndicales, estimant que "la transparence et la capacité des salariés à intervenir sur l'organisation du travail sont des conditions essentielles pour assurer un haut niveau de sûreté des installations".
Dans le cas de l'usine Socatri, "les défaillances du management et du dialogue social ont très probablement un lien avec la genèse de l'incident".
"L'analyse de la situation au sein du groupe Areva doit être effectuée en prenant en compte le point de vue des salariés trop longtemps négligé", poursuivent-elles.
Pour la CGT, "l'amélioration de la sûreté des installations nucléaires passe par un renforcement de la transparence, du dialogue social et sociétal et des droits d'intervention des citoyens et des salariés à tous les niveaux".
Dans la nuit du 7 eu 8 juillet, une fuite a conduit au rejet dans la nature de 74 kg d'uranium à l'usine Socatri située sur le site du Tricastin. Des mesures de précautions interdisent depuis aux habitants des abords du site de consommer l'eau, d'arroser, de pêcher ou de se baigner.
A la suite de cet incident, l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a imposé à la Socatri de suspendre l'activité d'une de ses deux stations de traitement du Tricastin. Areva a annoncé la nomination d'un nouveau directeur pour Socatri, sans en dévoiler l'identité.
(©AFP / 18 juillet 2008 12h21)