Questions-réponses sur le contrat de forfait-jours des cadres modifié par le projet de loi de réforme du temps de travail et de la démocratie sociale
Alors que le projet de loi
portant rénovation de la démocratie sociale et réforme du temps de
travail est en cours d'examen par le Sénat, le ministère du Travail
propose de faire le point sur les incidences de la réforme portant sur
le dispositif de forfait-jours qui peut être mis en place par accord
collectif de branche ou d'entreprise pour les cadres, à travers une
série de questions-réponses.
Actuellement,
le contrat de travail en forfait-jours prévoit une limite annuelle de
218 jours au plus.
Toutefois, il est possible qu'un salarié travaille
au-delà de cette limite, jusqu'à 282 jours.
Si tel est le cas, le
salarié ne bénéficie d'aucune majoration de rémunération, mais peut
récupérer les jours travaillés en plus, au cours du premier trimestre
de l'année suivante.
La loi sur le pouvoir d'achat a néanmoins
prévu une dérogation, puisque s'il travaille plus de 218 jours et qu'il
ne récupère pas ses jours l'année suivante, le salarié peut bénéficier
d'une majoration de 10% pour les jours travaillés en accord avec son
employeur (mais uniquement pour 2009).
Un problème se pose alors en
l'état actuel des textes, puisqu'il n'existe plus de droit au repos et
congés.
Le projet de loi propose d'encadrer les modalités de
dépassement des 218 jours, en obligeant que les accords d'entreprise ou
de branche fixent un plafond qui lui, ne pourra pas être dépassé par
l'employeur.
En outre, le dépassement du forfait de 218 jours
entraînera une majoration de rémunération d'au moins 10% et pas
uniquement en 2009 pour l'ensemble des années à venir, et ces sommes,
exonérées de charges sociales, ne seront pas imposables.
"Grâce
aux mesures du texte renforçant la démocratie sociale, l'accord devra
être conclu par des syndicats ayant recueilli au moins 30% des
suffrages et sans l'opposition de 50% d'entre eux", souligne le
ministère qui insiste sur l'importance des négociations collectives.
Il
ajoute qu'à "défaut d'accord collectif d'entreprise ou de branche,
l'employeur ne pourra demander au salarié de travailler plus de 235
jours par an", sachant que même avec l'existence d'un accord, le
dépassement des 218 jours sera désormais soumis à l'accord exprès du
salarié.
En outre, le texte impose l'organisation d'un entretien
annuel individuel sur le suivi de la charge de travail et l'équilibre
vie familiale-vie professionnelle.
Le comité d'entreprise sera
également consulté chaque année sur la charge de travail des salariés
employés en forfait.
Soulignons que la réforme ne remet, ni en
cause les dispositions conventionnelles ou les usages qui prévoient que
les jours fériés sont tous chômés, ni la possibilité pour les salariés
de bénéficier de leurs jours de RTT.
