MANAGEMENT
Le concours que les cadres redoutent de gagner
Le plus mauvais patron des Etats-Unis a été élu sur la base des histoires racontées par près de 5000 employés américains. A quand un concours identique en Suisse?
Une association professionnelle américaine vient de décerner le prix du plus mauvais patron de l'année
L'idée est américaine, mais elle pourrait bien en inspirer plus d'un de ce côté de l'Atlantique. Working America, une association dite apolitique mais affiliée à l'une des plus grandes fédérations de syndicats du pays (AFL-CIO), a mis sur pied l'année dernière un concours national visant à élire le plus mauvais patron des Etats-Unis.
Le «Grand Prix» 2007 vient d'ailleurs d'être attribué au patron de Pete Yonski, un ouvrier qui travaille dans l'Illinois. Le nom du lauréat n'a pas été rendu public, mais l'exploit managérial qui lui a valu la distinction suprême vaut son pesant de cacahuètes.
Impitoyable
Pete Yonski, trentenaire et père de trois enfants, s'est retrouvé dans l'incapacité provisoire de travailler parce que atteint d'un cancer rare. Le modèle suisse d'assurance invalidité n'ayant pas cours aux Etats-Unis, c'est l'entreprise qui devait se charger de verser les compensations auxquelles Pete Yonski avait droit, après avoir cotisé pendant dix ans. Sans motif, son patron s'est contenté de refuser la demande, après avoir dûment détruit toute la correspondance qui prouvait le bon droit du malheureux Yonski. Lequel s'est retrouvé sans travail ni argent.
Dangereux
Dans la catégorie «l'histoire la plus scandaleuse»,
c'est le patron du pseudo «Steaming Mad» qui s'est vu décerner la
palme. «Steaming Mad» était le moins expérimenté des employés de la
permanence téléphonique (Help Desk) de son entreprise. Alors que les
bureaux étaient évacués pour cause d'incendie, son patron a ordonné au
petit nouveau de rester à son poste jusqu'à ce que la permanence
d'urgence soit opérationnelle. Pour ne pas perdre son job, «Steaming
Mad» a donc dû répondre aux clients pendant près d'une heure dans des
locaux envahis par la fumée, jusqu'à ce que les pompiers le forcent à
évacuer.
Si Pete Yonski et «Steaming Mad» ont au moins la satisfaction d'avoir fait reconnaître l'incompétence de leurs supérieurs, les quelque 5000 autres employés qui ont proposé leurs mésaventures au jury du concours devront attendre la prochaine galère pour espérer que leur patron soit élu plus mauvais patron de l'année.
Dans le lot, «Le Matin Dimanche» attribue une mention spéciale au patron anonyme qui, après avoir fait envoyer des fleurs à une employée qui avait perdu son père, lui a adressé... la facture du bouquet.