Consultation en ligne
Votre travail, comment le voulez-vous ?
La Cgt des cadres et technicien-nes lance une consultation sur le contenu,le sens et la finalité de votre travail. La réhabilitation et la revalorisation de travail sont la clé de réponses efficaces à la crise financière, économique et sociale actuelle.
L'objectif est de promouvoir un large débat dans les entreprises où les cadres et tecnicien-nes puissent dire comment ils vivent et voudraient leur travail.

Vous pouvez répondre au questionnaire en ligne .



Pétition en ligne
Sur le temps de travail de cadres
www.ugict.cgt.fr



Le profil des cadres en France

 

Qui sont les cadres (source Ipsos)

Le profil des cadres en France
Sexe
Hommes
 65 %
Femmes
 35 %
Age
-35 ans
 30 %
35 à 49 ans
 44 %
+50 ans
  26 %
Niveau d'études
Diplômés d'études supérieures
  73 %
Diplômés Grandes écoles
  36 %



CHÔMAGE

 LA PLUS FORTE HAUSSE

DEPUIS QUINZ ANS

La crise mondiale pèse déjà sur l’emploi. En août, le chômage s’envole. 30.000 à 40.000 demandeurs d’emploi : c’est du jamais vu depuis 1993.

C’était prévisible. Renault et Peugeot ont chacun lancé des plans de réduction d’effectifs dans leurs usines françaises. Dans les Landes, Sony supprime 240 emplois... Ces derniers mois, les plans sociaux se sont multipliés, essentiellement dans l’industrie. L’intérim, lui, subit un coup de frein, preuve que les entreprises ajustent leurs effectifs. Conséquence : les chiffres du chômage pour le mois d’août traduisent inévitablement ce retournement de tendance. Avant même la publication des chiffres officiels lundi, Laurent Wauquiez, secrétaire d’Etat à l’Emploi, a estimé hier à 30 à 40.000 le nombre de demandeurs d’emploi supplémentaires inscrits à l’ANPE. Soit une hausse de 1,5 à 2 %. Il s’agira de la sixième hausse mensuelle depuis le début de l’année. Il faut remonter à 1993 pour trouver une progression aussi forte.
Création d’emplois en panne
Parallèlement, les prévisions du gouvernement montrent un effondrement spectaculaire de la création d’emplois salariés marchands (hors agriculture), un chiffre pratiquement divisé par dix cette année, passant de 310.000 en 2007 à 34.000 en 2008. En 2009, le gouvernement table sur une « reprise graduelle de l ’ activité » avec 50.000 créations nettes d ’ emplois salariés. Soucieux de montrer qu’ils restent mobilisés, Laurent Wauquiez et Christine Lagarde, la ministre de l’Economie, tiendront lundi « une réunion de crise » avec l’ensemble des services de l’emploi : ANPE, Assedic, Afpa...

 

MOINS D’INQUIÉTUDES POUR LES CADRES
Selon Jacky Chatelain, directeur général de l’Association pour l’emploi des cadres, les jeunes diplômés devraient moins souffrir du repli du marché de l’emploi dans les mois à venir.
Quelles sont les perspectives de recrutement en 2009 pour les jeunes diplômés ? L’enquête que nous avons menée sur les jeunes diplomés d’au moins bac + 4 de la promotion 2007 montre que trois sur quatre sont en poste en 2008, moins d’un an après l’obtention de leur diplome. La dégradation du contexte économique, dès cet été, n’a pas eu d’impact sensible sur l’accès au premier emploi de ces jeunes issus de l’enseignement supérieur. Pour les mois à venir, je reste sereinement pessimiste sur les dérives de la crise, il faut que l’Etat mette en place des dispositifs pour éviter l’assèchement des crédits aux entreprises, elles ont des besoins d’investissements. Mais je suis persuadé que le recrutement des cadres restera à un bon niveau, car les entreprises manquent de personnels qualifiés. 


Quel est le profil des cadres recherchés par les entreprises ? Les plus forts taux d’emploi concernent les diplomés en Informatique, Télécommunication, Technologies multimedia, où 9 jeunes sur 10 ont un emploi moins d’un an après leur sortie de l’enseignement supérieur. Les jeunes qui sortent d’une école d’ingénieur ou d’une école de commerce trouvent rapidement un emploi. Les filières Sciences Humaines, Economie, Droit, Lettres, Arts, Sport, Communication sont les plus mal loties. Le phénomène du papy-boom commence à se faire ressentir, les entreprises s’intéresssent désormais aux Universitaires dans des filières comme DESS Génie Civil ou la finance. Le diplome ne suffit plus, les entreprises recherchent des personnalités. Elles donnent de l’importance aux stages réalisés pendant les études.


Le pouvoir d'achat des cadres
a stagné en 2007

En 2007, le pouvoir d'achat des cadres a stagné en France, contre une augmentation moyenne de 2 % les trois précédentes années. Tel est le principal constat de l'enquête que la CFDT-Cadres mène annuellement à partir de son panel OSCAR. Une évolution essentiellement explicable par le dérapage de l'inflation à partir de l'automne 2007 (2,6 % sur l'année). Les augmentations salariales, souvent déjà arrêtées, n'ont pas pu venir atténuer cette flambée des prix. L'évolution des salaires fin 2008 sera donc à regarder de près. Voici les résultats détaillés.

Des pertes de pouvoir d'achat de plus en plus nombreuses

Si en moyenne, le pouvoir d'achat reste légèrement positif, sa dégradation est en revanche réelle pour de plus en plus de cadres français. La moitié d'entre eux ont connu une baisse de pouvoir d'achat sur 2007 contre seulement 34 % en 2006. C'est le chiffre le plus élevé depuis que l'étude existe, explique la CFDT-Cadres. A noter également que les cadres ayant perdu plus de 4 % de pouvoir d'achat sont trois fois plus nombreux que l'an dernier (14 % du total). A l'opposé, ceux qui ont gagné plus de 4 % sont plus rares (16 % contre 24 %).

Les augmentations individuelles en rep

La part des cadres n'ayant reçu aucune augmentation de salaire continue de progresser. Elle atteint 10,5 % en 2007 contre 7,3 % en 2005. On n'est cependant pas au niveau de 2004, où cette proportion était de 18,5 %. Seuls 52 % des cadres ont touché une augmentation individuelle cette année contre 55 % en 2006. Les augmentations collectives ont concerné les deux tiers des cadres. Pour plus d'un tiers, c'était d'ailleurs leur seule et unique forme d'augmentation. D'une manière générale, les cadres qui ont reçu une augmentation individuelle ont connu un gain de pouvoir d'achat de 1,7 % contre une baisse de 1,4 % pour les autres.

L'intéressement : un dispositif pas encore généralisé

Le panel OSCAR s'intéresse également à la question de l'épargne salariale. Sur une période de cinq ans, seuls 8 % des cadres ont touché une prime d'intéressement chaque année. Ils représentent tout de même un quart de ceux qui en bénéficient. Dans leur cas, le complément de rémunération que cela constitue est loin d'être négligeable (2 585 euros par an en moyenne). En revanche, ceux qui n'en touchent qu'épisodiquement ne reçoivent pas plus de 700 euros à chaque fois. Les ordres de grandeur sont comparables pour les entreprises distribuant de la participation.

Les femmes mieux loties que les hommes   

Une fois n'est pas coutume, les femmes s'en sortent mieux que les hommes. Elles ont vu leur pouvoir d'achat progresser de 1,4 % en moyenne en 2007 contre un recul de 0,1 % chez les hommes. Bien que 41 % des femmes cadres aient malgré tout subi une perte de pouvoir d'achat, soit une progression par rapport à l'année précédente (31%), cette part augmente moins vite que du côté des hommes qui sont passés de 35% en 2006 à 53 % en 2007. Selon la CFDT-Cadres, cette situation plus positive chez les femmes peut s'expliquer par l'amélioration du marché du travail dans le secteur tertiaire, qui recrute majoritairement des profils féminins.

Les jeunes tirent leur épingle du jeu

Avec 52 % des seniors qui ont perdu du pouvoir d'achat, cette catégorie est la plus touchée. Ce sont les 41-50 ans, pour la plupart managers ou experts confirmés, qui s'en sortent le mieux, avec seulement 38 % d'entre eux qui déclarent avoir perdu du pouvoir d'achat. L'évolution moyenne entre 2003 et 2007 indique que le pouvoir d'achat des cadres de 31 à 40 ans a augmenté de 12,2 % en 5 ans. Celui des 41-50 ans n'a grimpé que de 8,8 % et celui des 51-60 ans de 5,1 %.

Des disparités en fonction des niveaux de salaire

La grande majorité des cadres (68,9 %) du panel se Peu de différence entre public et privésituent entre 1 et 2 plafonds de Sécurité sociale (entre 2 100 et 4 200 euros nets mensuels). 54 % des membres de cette catégorie ont perdu du pouvoir d'achat. Les moins touchés sont les cadres gagnant entre 2 à 3 plafonds qui sont 42 % à connaître la même situation tandis que les cadres gagnant 3 plafonds et plus sont 56 % à déclarer une perte de pouvoir d'achat. Ces derniers l'ont vu baisser en moyenne de 2,4 %. Ceux situés entre 2 à 3 plafonds ont en revanche progressé de 1,1 % en moyenne entre 2006 et 2007.

Peu de différence entre public et privé

Entre secteurs public et privé, les différences sont minimes. Seuls les métiers de la fonction publique affichent une situation moins négative, avec moins de la moitié des cadres interrogés (49 %) qui ont perdu du pouvoir d'achat en 2007. Dans le secteur privé, 52 % des cadres estiment que leurs possibilités de dépenses se sont réduites et ils sont 53 % dans les entreprises du secteur public. Ces dernières ayant vu le pouvoir d'achat de leurs cadres croître de 5,2 % entre 2003 et 2007, la plus faible progression par rapport aux 6,7 % du secteur privé et au 7,2 % des fonctions publiques.

La distribution des avantages en nature

En 2007, 21 % des cadres ont perçu au mois un avantage en nature. Ce sont comme d'habitude le téléphone (environ 12 % des cadres), la voiture (5 %) et le logement (4 %) qui sont le plus souvent octroyés aux cadres. Ces avantages représentent en moyenne 5,2 % de leur salaire en 2007. Le montant moyen des différents avantages cumulés s'élève à 2 537 euros par an. Mais ce chiffre ne reflète pas les différences significatives qu'il y a entre un avantage via le téléphone (353 euros) ou via la mise à disposition d'un logement (7 002 euros).



Le sondage sur les cadres

et leurs conditions de travail
[ 07/08/08  - 06H00 ]

La grogne monte chez les cadres, comme l'illustre un sondage réalisé pour " Les Echos " par l'Ifop avant même l'adoption de la loi sur les 35 heures.

Si 92 % des cadres s'estiment globalement contents de leur situation professionnelle, il ne s'agit que d'une satisfaction " de façade ", (seuls 44 % sont très satisfaits de leur situation, contre 48 % plutôt satisfaits), masquant de sérieux éléments de récrimination, indique Jérôme Fourquet, directeur adjoint du département opinion et stratégies d'entreprise de l'institut. En tête de ces éléments : le niveau des salaires jugé insuffisant par un cadre sur deux.

Consulter le sondage

 






            Union Générale des Ingénieurs, Cadres et Techniciens Agents de Maitrise et Navigants Cgt Air France
5, rue de la Haye Le dome Bat 5
Site Internet : http://ugictcgtairfrance.com

Le 11 Juillet 2008

HALTE
AU TEMPS DE TRAVAIL DES CADRES
SANS LIMITE

L’attachement des cadres à la RTT est tel que 60 % d’entre eux (80 % chez les femmes) refusent d’échanger leurs jours de RTT contre rémunération. 45 % des cadres estiment par ailleurs leur charge de travail excessive.

Le mode de management standardisé, fondé sur la pression des objectifs et la mesure de la performance financière ne sert que les actionnaires.

Il amène une intensification du travail considérable avec son lot de stress, de pression psychologique et de suicides.

L’offensive gouvernementale actuelle contre le temps de travail de l’encadrement relève de l’indécence.

Après la mise en place de forfait jours sans limites horaires, c’est maintenant à la suppression des limites en jours que s’atèle le gouvernement, tout entier au service du Medef pour qui l’exploitation de la matière grise est un gisement de profit majeur.

Seul le rapport de forces créé dans l’entreprise est susceptible d’imposer le respect de la RTT.

L’encadrement veut maîtriser son temps de travail et son équilibre de vie.

La Cgt des cadres et techniciennes dénonce le texte de loi régressif en discussion à l’Assemblée et au Sénat et lance une pétition nationale pour alerter, mobiliser et obtenir d’autres mesures.

Pétition en ligne : www.ugict.cgt.fr




            Union Générale des Ingénieurs, Cadres et Techniciens Agents de Maitrise et Navigants Cgt Air France
5, rue de la Haye Le dome Bat 5
Site Internet : http://ugictcgtairfrance.com

Statut des cadres d’Air France

Des marges de progrès souhaitables   et accessibles

A dire en premier lieu que pour nous, syndiqués et militants UGICT, le travail doit être un sujet de satisfaction, une forme d’épanouissement dans laquelle le salarié a plaisir à mettre en œuvre ses connaissances et son savoir faire dans des conditions matérielles et morales de qualité.

A dire aussi que le concept de « cadre Air France » couvre une large palette de situations, entre autre poste avec ou sans commandement avec des différences notable selon les fonctions, leur historique, leur pratique.

Une des premières caractéristiques des cadres Air France est, en règle générale, la modestie du salaire.

Celle-ci a longtemps été justifiée par la direction avec deux arguments qui étaient la sécurité d’emploi alliée la perspective de carrière.

Si l’emploi a été maintenu, la qualité des carrières s’est largement détériorée pour le plus grand nombre par la faiblesse de la valeur financière des actes de carrières.

Quand aux rémunérations annexes, par delà leur caractère aléatoire, elles ont aussi le défaut d’être notoirement inférieures à ce qui se fait à l’extérieur.

La réforme de 1992, axée sur la logique de poste en opposition à la reconnaissance des qualifications n’a rien arrangé :

-         En supprimant le caractère automatique de l’ancienneté pour les cadres

-         En liant le sort des cadres à une pesée des postes par une méthode Hay largement contestée, même après une accommodation à la « sauce Air France » et aux coutumes locales.

En revanche, le statut de cadre est un concept largement utilisé par la direction pour faire accepter des contraintes pénalisantes pour la vie privée et aussi la santé.

Cela va des contraintes horaires sans compensation aux « facilités » informatiques qui se révèlent être des « fils à la patte » comme l’informatique nomade de type Black-Berry ou autres.

De même les évolutions de l’entreprise et le rapprochement Air France KLM exigent la mise en œuvre de nouvelles capacités au travail transverse qui sont loin d’être prises en compte dans les notations comme dans les carrières.

Ceci est d’autant plus lourd que la mobilité transverse des cadres est loin d’être aussi facile qu’elle le devrait.

Pour autant, la mobilité se développe et ses modalités ne sont pas toujours satisfaisantes.

En particulier quand on aborde le domaine des missions et que se développe la culture « projets » alors même que le MEDEF va déjà plus loin en proposant carrément des CDD cadres liés à des projets ponctuels ( voir: http://www.ugictcgtairfrance.com/84.html).

A voir aussi, avec le recul, la question du forfait qui peut être la meilleure ou la pire des choses selon la situation de chacune et de chacun.

Le tout dans une comparaison inévitable entre le statut des cadres AF et KLM où la qualité de vie apparait incontestablement plus attractive chez KLM que chez AF en particulier dans le respect des horaires et donc de la vie privée.

Le travail des séniors va prendre une acuité nouvelle à partir de 2009 où chaque cadre choisira sa date de départ.

Dans ces conditions, la gestion des fins de carrière est à revoir de manière nettement plus valorisante dans trois directions :

-         Le niveau des primes de départ

-         Le niveau des pensions

-         La transmission du savoir faire

Enfin, se pose aussi les conditions d’accès à l’encadrement.

Une des caractéristiques de l’entreprise publique était la notion de carrière; le concept d’ascenseur social.

Cet aspect doit être préservé et développé.

Les postes cadres doivent être ouverts à la promotion interne dans de meilleurs conditions, en particulier au niveau de la formation.

Toutes ces questions, débattues entre l’employeur et les organisations syndicales demandent à être prises en compte en lien étroit avec les intéressés.

Si les sujets que nous évoquons, ou d’autres, appellent de votre part un point de vue ou une demande de dialogue, contactez nous sur :

ugictcgtairfrance@laposte.net

La France malade de l’esprit obtus
et de ses cadres ?
Article rédigé par Bernard Dugué le vendredi 30 mai 2008

Qui sait si, un jour, on ne découvrira pas que l’agitation politique actuelle et la frénésie réformiste, ainsi que la sclérose sociale, n’ont pas leur source dans cette pléthore d’administrateurs et de hauts fonctionnaires à l’esprit obtus?

La scène se passe après une conférence sur les origines de la vie. Elle aurait pu se reproduire ailleurs. Lors du verre de l’amitié clôturant ce genre de manifestation, les discussions scientifiques peuvent se poursuivre, parfois avec le conférencier si on arrive à l’approcher. C’est souvent le cas, sauf s’il s’agit d’une célébrité. J’ai ainsi pu entamer une courte conversation sur cette question des origines, évoquant quelques pistes d’ordre métaphysique, sur la boîte noire; puis questionnant le conférencier sur le livre de Behe, qu’il n’avait pas lu; sur la fin, je lui demandai s’il connaissait les travaux de Pichot et de Chauvet. Réponse négative. Je trouvais cela étonnant, venant d’un scientifique présentant un sujet supportant l’approche multidisciplinaire; mais bon, on ne peut tout connaître et puis la spécialisation n’incline pas les scientifiques à parcourir les réflexions généralistes qui ne leur seront d’aucune utilité dans leur pratique ordinaire. Au cours de cette conversation, je notais surtout cette énergie et cette force que mettait mon interlocuteur à placer son point de vue, ses conceptions, défendre son approche. Signe d’un caractère bien déterminé, qui ne doute pas et qui, semble-t-il, ne cherche pas à faire entrer dans son champ cognitif des éléments susceptibles de le bousculer dans ses certitudes. C’est la marque d’un caractère affirmé qui convient à notre époque pragmatique, cadrée, carrée, mais qu’on peut tout aussi bien considérer comme obtus et voir, en cas de généralisation de ce trait, comme un problème de société. Notamment la question de l’attention et de l’écoute.

Autre situation. Le lieu, un café des Chartons à Bordeaux. Une réunion politique comme on en faisait il y a dix ans, avec les émanations des cafés philo transformés en cafés politiques. J’ai le souvenir d’un débat passionné, une trentaine de personnes dans la salle, deux intervenants venus spécialement dont un député Vert au Parlement européen. Pendant la «troisième mi-temps», autour d’un pot, même cas de figure. Je tente d’introduire ce député à quelques problèmes de société et je sens une distance, comme si l’intéressé avait mis un bouclier mental pour ne pas entendre mes propos, les dévier, les shunter. Par contre, il avait le verbe bien fourni et déclinait avec force ses convictions et ses idées. Là aussi, le signe d’un caractère affirmé, mais obtus. Troisième anecdote, une rencontre en tête-à-tête avec ce qu’on appelle un notable local, directeur de… Au cours de cette conversation, cette personne m’a fait part de quelques difficultés à faire coopérer des responsables locaux bordelais sur des questions publiques. Chacun défendant son point de vue et ne voulant pas faire un pas vers une solution commune. Bref, le genre de situation de blocage qu’on ne connaît que trop en France et qui résulte à la fois de cette culture autocratique doublée de la propension à fragmenter les instances publiques en une multitude de services. Pour ensuite mettre ensemble ces mêmes services pour résoudre des questions dont on ne sait plus qui en a la compétence. Bref, ce monsieur me disait qu’à Orléans les choses étaient plus faciles, les intéressés prompts à s’investir dans un projet partagé, mais qu’à Bordeaux l’esprit obtus régnait. Il va de soi que ces questions ne relèvent pas du droit administratif, mais de l’éthique professionnelle. Aucun fonctionnaire ne sera sanctionné s’il fait une grève du zèle et rechigne à œuvrer dans le collectif. C’est même le contraire. Les carriéristes sont souvent promus. C’était il y a une dizaine d’années. On peut penser que «schème autocratique et obtus» s’est répandu. D’ailleurs, nombre d’entre vous qui ont eu affaire à un élu local, un président de… ou bien à un directeur de… se sont rendu compte que bien souvent, ce genre de personnage met une sorte de barrière face à tout ce qui sort de son champ de compétence et de décision. Evoquez un projet qui sort de l’ordinaire, qui est innovant, qui nécessite quelques aménagements dans la logistique, quelques entorses aux pratiques habituelles, quelques grains de sable dans la routine, vous verrez votre idée immédiatement rejetée.

Le monde qui vient d’être succinctement croqué est celui des cadres et des administratifs. L’un plutôt dans le privé, l’autre le public. Deux processus sociaux sont connus, le transfert des méthodes administratives vers les grands trusts industriels fin XIXe. Chemin inverse fin XXe, l’administration emprunte au management ses nouvelles méthodes. Etre cadre, c’est en fait opérer en cadrant un dispositif d’hommes, en s’assurant que l’ensemble est opérationnel et fonctionne comme un rouage mécanique avec des systèmes d’information et de commande. L’encadrement rend le dispositif efficace. Il est nécessaire. Grâce à lui, nous pouvons réserver une place d’avion et l’Airbus peut être assemblé dans des délais convenables. Dans un Etat, les cadres servent aussi à planifier et organiser le bon fonctionnement des rouages de l’Etat, avec sa fonction publique développée, ses millions d’agents, ses administrateurs. La nation peut se faire entendre dans le monde grâce à un Etat puissant et cette puissance elle est due aux agents et aux cadres. D’où la création de l’ENA par de Gaulle.

Il n’y a pas à condamner ou vénérer les cadres. L’encadrement est nécessaire et, dans l’avion, mieux vaut un pilote concentré sur l’horizon que rêvassant ou réfléchissant à ses projets dans l’association qu’il dirige lorsqu’il hors service. Etre cadre, c’est disposer d’un champ de compétences, savoir gérer, disposer et prendre des décisions en utilisant une aptitude cognitive spécialisée, celle qui cadre un champ, un dispositif, offrant une représentation conforme, en quelque sorte, un tableau de bord complet de la situation, qui fait quoi, qui est où, quels sont les moyens… Les cadres sont indispensables dans une entreprise et une société.

Etre cadre, c’est aussi avoir un esprit particulier. Justement, cet état d’esprit qui, en certaines circonstances, limite le champ des possibles quand il n’est pas approprié. C’est ce qu’on appelle l’envers du décor ou plutôt le revers de la médaille… de Janus. Cette figure mythique fut employée par Heidegger pour définir le double aspect de la technique. S’agissant de l’encadrement, technique d’homme si elle en est, l’esprit obtus peut être préjudiciable à l’innovation. Car, dès qu’un projet sort des règles de cadrage (autrement dit, du tableau de bord du gestionnaire), le cadre est désorienté. Ensuite, l’attitude dépend du personnage en question. Certains se refusent à examiner une idée nouvelle parce qu’ils ne peuvent pas, d’autres parce qu’ils ne veulent pas, ne désirant pas s’investir dans un projet où, par la raison carriériste, ils ne sont pas assurés d’en tirer prébendes. Ou encore par paresse intellectuelle.

Mai-68 a été une révolte complexe, visant notamment cet esprit d’encadrement. Une minorité radicale et extrémiste refusait d’encadrer les travailleurs pour des raisons idéologiques. Mais la majorité des soixante-huitards contestaient cet esprit obtus qui n’avait plus sa place dans certains lieux, l’université par exemple, les lycées, la politique… On voit ce qu’il est resté de ces aspirations. D’une part, l’individualisme démocratique, sorte d’égoïsme citoyen qui est dû surtout aux médias et au progrès matériel, puis le retour des techniques gestionnaires et des cadres à l’esprit obtus. Ce phénomène, Robert Hossein l’avait bien saisi, lui qui sait ce qu’est une création de spectacle, et qui fustigeait l’esprit régnant, regrettant que, dans la société, il n’y ait pas assez de visionnaires et trop de gestionnaires.

Voilà des paroles d’Evangile laïques qu’il nous faut prendre tous ensemble. Visionnaire, le mot est juste, voir et comprendre, jauger une situation, bref, sortir du cadre comme nous y invitait également Watzlawick, le plus connu des théoriciens de Palo Alto. Qui sait si un jour, on ne découvrira pas que l’agitation politique actuelle et la frénésie réformiste n’a pas sa source dans cette pléthore d’administrateurs et de hauts fonctionnaires à l’esprit obtus. Tentant des solutions en agitant les éléments du cadre, alors que, parfois, une sortie du cadre offre d’autres horizons. C’est bien cela le visionnaire, celui au regard qui ose sortir du cadre!

Cet article vous a été présenté par Ag
x. Nous vous remercions de votre visite.

Avec le départ en retraite des baby-boomers et dans le même temps une faible augmentation de la population active, quel sera l'état du marché du travail au cours des 10 prochaines années ? Quels métiers auront la cote auprès des recruteurs ? Une étude fait ressortir que 750 000 postes devraient être à pourvoir annuellement d'ici à 2015. Au palmarès des 15 métiers où la demande sera la plus forte figurent en bonne place les enseignants (358 000), les cadres administratifs (304 000 postes), les informaticiens (207 000) et les cadres commerciaux (189 000).

Source : Centre d’analyse stratégique/Dares, Les métiers en 2015, décembre 2006



Le moral des cadres baisse encore  05/05/2008

Nouvelle chute chez les cadres constatée par LH2 pour HEC, France Inter et Réussir.

Et pour combler les déficits publics, ils plébiscitent l'annulation du «paquet fiscal».

Il n'en finit plus de baisser. Depuis pratiquement un an, le moral des cadres ne cesse d'être orienté à la baisse, frôlant même à - 27 le record atteint en 2005 (- 28) lors des émeutes dans les banlieues. En un mois, l'indice a encore perdu 4 points.

Une baisse à rapprocher du niveau de l'indice atteint au printemps 2007. Il y a en effet tout juste un an, ce même indice touchait son apogée en devenant positif (+1) juste après l'élection de Nicolas Sarkozy.

Les raisons de la baisse continue de l'indice trouvent racine dans la crispation toujours plus forte sur les questions liées au pouvoir d'achat. Les différentes hausses des produits alimentaires, de l'énergie et des services atteignent les consommateurs. Les cadres cherchent donc par tous les moyens à augmenter leur pouvoir d'achat mis à mal par les poussées inflationnistes. Un signe qui ne trompe pas : l'indice sur les perspectives d'évolution financière personnelle connaît une très forte diminution (- 19), soit un effondrement de 10 points en seulement un mois. Cet indice sur le pouvoir d'achat fait suite à la dégradation déjà opérée du niveau de vie en France, dont la courbe ne cesse de s'abaisser.

Les cadres qui avaient d'abord craint pour le niveau de vie collectif affirment, au travers de ce baromètre, ressentir, eux-mêmes, les effets d'une hausse des prix.

Dans le même esprit, la question du chômage devient à nouveau porteuse d'angoisse. Jusqu'à présent, la perception du niveau du chômage en France restait un des éléments positifs de notre enquête. C'est désormais fini avec une chute de 4 points de cet indice.

Sur les leviers d'action pour réduire les déficits publics, les cadres plébiscitent en premier lieu (48%) l'annulation du « paquet fiscal » mis en place par le gouvernement Fillon, la fermeture des casernes militaires (42%) et le non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux partant à la retraite (40%). À l'inverse, augmenter la TVA (7%), diminuer le nombre de professeurs de lycées (4 %) et le remboursement moins généreux des soins de santé (4%) ne semblent pas aux yeux des cadres très efficace.



Retraite des cadres :
c'est maintenant qu'il faut agir !

Le système de retraite par répartition solidaire est le meilleur garant d'une retraite correcte pour l'ensemble des ingénieurs, cadres et techniciens.

Les mesures libérales prises depuis plusieurs années, ne cessent de farie baisser les retraites pour promouvoir un système par capitalisation illusoire et inefficace?

L'UGICT-CGT propose des pistes pour un système de répartition renouvelé.


Michelin

Les deux cadres 

de l'usine Kléber relâchés

17/02/2008 | Mise à jour : 18:30


Ils étaient séquestrés depuis jeudi matin à Toul. 

Le groupe se dit prêt à faire évoluer le plan d'accompagnement.

Ils étaient séquestrés depuis jeudi matin : dimanche vers 14 heures, les deux cadres de l'usine Kléber de Toul, que Michelin va fermer l'an prochain, ont été relâchés et ont quitté le site.

Le directeur des ressources humaines et le directeur du personnel sont sortis escortés par la directrice départementale du travail de Meurthe-et-Moselle.

Des salariés silencieux formaient une haie au passage des trois personnes.

Michelin s'est dit prêt, dimanche matin, «à faire évoluer le plan d'accompagnement» pour le personnel de son usine de Toul, qui doit fermer en 2009, considérant toutefois la libération de ses deux cadres comme un «pré-requis».

«Des propositions significatives ont d'ores et déjà été faites», a ajouté le fabricant français de pneumatiques dans un communiqué, alors que la fermeture de cette usine doit entraîner la suppression de 826 emplois.

Samedi, les délégués des syndicats CGT et FO avaient indiqué au médiateur nommé samedi pour renouer le fil du dialogue, vouloir discuter sur la base d'une indemnité de 3.000 euros par année d'ancienneté avec un plancher minimum de 30.000 euros en cas de licenciement.

La direction aurait évoqué 2.000 euros par an, mais un accord aurait finalement été dégagé dimanche sur la base de 2.500 euros, selon des informations non immédiatement confirmées.



A peine la réforme
des 35 heures digérée,
les DRH affrontent
le casse-tête des heures sup.
LUC PEILLON
«Travailler plus pour gagner plus : le slogan est très bon, sa mise en œuvre beaucoup moins évidente.»

Pierre-Yves Poulain, délégué général de l’ANDRH (l’Association nationale des directeurs des ressources humaines, qui regroupe 4 500 responsables), résume l’état d’esprit de ses adhérents.

Alors que doit être adopté aujourd’hui à l’Assemblée nationale le second texte sur le pouvoir d’achat, incluant le paiement de dix jours de RTT, le déblocage de la participation et le versement d’une prime exonérée de cotisations sociales, le scepticisme gagne de nombreux DRH.

Au-delà de la complexité de certaines mesures, c’est l’instabilité juridique qui inquiète.


«Les entreprises ont mis du temps pour se caler sur un système.

Si tous les deux ou trois ans, il faut changer notre fusil d’épaule, cela devient très compliqué», poursuit Pierre-Yves Poulain, en référence à l’encre à peine sèche des accords 35 heures du début des années 2000.

Une enquête réalisée en octobre auprès de 400 membres de l’ANDRH illustre l’état d’esprit du patronat vis-à-vis de la nouvelle loi d’exonération de charges sociales pour les heures supplémentaires.

A la question «la loi sur les heures supplémentaires vous paraît-elle claire et facile à mettre en place ?», plus de 70 % des sondés ont répondu non.

Avec, en tête des soucis, celui des formalités déclaratives nécessaires pour bénéficier des exonérations de charges.

Du coup, les trois quarts d’entre eux (76 %) n’envisagent pas de faire exécuter des heures supplémentaires à leurs salariés.

Et 56 % estiment d’ailleurs qu’ils n’auront pas «à faire face à une forte demande de la part des non-cadres» (77 % concernant les cadres).

La même méfiance ou prudence s’exprime quand on évoque le nouveau dossier du rachat des RTT. Petite revue de détail.

une charge de travail variable dans le btp

«Ça discute ferme dans la camionnette quand on va sur les chantiers», reconnaît Daniel Parent, responsable d’une petite entreprise de plâtrerie de 18 salariés, située dans l’Hérault.

A l’origine du quiproquo : la «confusion» née, selon lui, des annonces gouvernementales sur les heures supplémentaires.

Des salariés l’interrogent sur la possibilité d’en faire. Lui tente de leur expliquer que l’accord de modulation signé par son organisation patronale, la Capeb (Confédération de l’artisanat et des petites entreprises du bâtiment), rend «difficile» la mise en place d’une telle mesure.

«Le temps de travail est comptabilisé sur le semestre, ce qui permet de compenser entre les périodes de forte activité [l’été et le printemps, ndlr] et les périodes basses [l’hiver], explique Daniel Parent.

Les heures sup éventuelles n’étant constatées qu’au bout de six mois.»

Bref, ce chef d’entreprise n’est pas chaud pour remettre en cause le système actuel.

A mots couverts, il dénonce les espoirs distillés par le gouvernement auprès des salariés : «Il n’y a rien de pire que les messages lancés d’en haut, sans prise en compte de la réalité du terrain, notamment pour les PME.»

Et de rappeler le casse-tête existant pour déterminer le temps de travail, avec l’inclusion ou non du trajet et de la pause déjeuner.

le dimanche travaillé chez Conforama

A Conforama, «c’est les 35 heures linéaires», explique Anne-France Lucas, DRH du groupe d’ameublement. La plupart des salariés sont à l’horaire légal, il n’y a donc pas de jours de RTT à racheter.

Quant aux heures supplémentaires, elles n’enchantent pas forcément les employés, dont beaucoup travaillent déjà le dimanche (Libération du 4 décembre).

Reste les cadres, bénéficiant de neuf à onze jours de RTT par an, mais dont la plupart, à la mi-décembre, ont déjà posé leurs congés.

«Il y a très peu de RTT à solder d’ici la fin de l’année», explique Anne-France Lucas, qui a incité le personnel «à poser ses jours pour ne pas accumuler un surplus de congés à reporter sur l’année prochaine».

Une loi qui arrive un peu tard, donc, pour la chaîne d’ameublement, mais dont la DRH reconnaît qu’elle constitue une «souplesse» dans la gestion des effectifs.

Si la mesure est étendue au premier semestre 2008 (1), elle regardera au cas par cas, en fonction «de la charge de travail», rappelant que le rachat de RTT n’est rien d’autre qu’«une façon différente de faire faire des heures supplémentaires».

Seule mesure intéressante pour Conforama : la légalisation du travail du dimanche, permettant de sécuriser juridiquement une situation déjà existante.

Le rachat de rtt dans une pme de consulting

Les secteurs qui, au final, devraient être les plus intéressés par les nouvelles mesures sont ceux qui connaissent des difficultés de recrutement.

Beex, société de conseil en organisation d’entreprises, compte une vingtaine de salariés, tous cadres, calés sur un forfait de 218 jours annuels.

La société ne manque pas de commandes, mais peine à embaucher.

Résultat : son PDG, Mathieu Cortadellas, souhaite racheter plusieurs jours de RTT à ses employés.

«On vend des prestations facturées à la journée.

En rachetant dix jours de RTT, on peut augmenter notre marge de 2 000 euros sur chaque salarié.»

Les principaux intéressés ne sont pas contre, assure ce jeune dirigeant, qui évalue à 75 % la part de consultants prêts à vendre leurs congés.

«Je n’impose rien à personne», promet Mathieu Cortadellas, qui assure même que «2 ou 3 cadres ont refusé pour cause de stress à évacuer».

L’exonération de cotisations sociales, à l’inverse, n’a pas pesé dans sa décision.

«Dans notre modèle économique, ce ne sont pas les charges, ni la majoration de 10 % qui changent la donne, mais seulement le marché.»

Gain estimé pour le salarié : 1 500 euros brut pour dix jours cédés.

(1) Un amendement prévoit d’élargir la période de rachat de RTT jusqu’au 1er juillet 2008.
Les cadres toujours aussi moroses,
selon un sondage
Challenges.fr | 03.12.2007 | 17:31



PARIS (Reuters) - Le moral des cadres s'est stabilisé en novembre à -16, soit son niveau le plus bas depuis avril 2006, selon un sondage LH2 pour Le Figaro, L'Express, France Inter et HEC.

D'après cette enquête, 50% des cadres interrogés estiment que le niveau de vie se sera dégradé en France d'ici un an (+2 points par rapport à octobre), 34% pensent qu'il sera stationnaire (-2) et 16% qu'il se sera amélioré (stable).

A l'inverse, 37% estiment que le nombre de chômeurs diminuera (+7), 21% qu'il augmentera (-3) et 41% qu'il restera stationnaire (-5).

Cinquante-quatre pour cent des cadres estiment que leur situation financière personnelle sera inchangée (+2), 24% qu'elle va se dégrader (-3) et 22% qu'elle va s'améliorer (+1).

Pour 51% des cadres, leurs collaborateurs ne sont "pas motivés" (+6), 49% déclarant l'inverse (-5).

Le sondage a été réalisé du 22 au 24 novembre auprès de 400.

Consulter aussi
le Baromètre de la CFE CGC de novembre,

toujours instructif  :





A Air France

Une politique sociale de qualité pour l’encadrement est possible


La direction vient de recevoir les organisations syndicales afin d’organiser, avec elles, une réunion sur la situation des cadres au sein de la compagnie, et ce, suite aux nombreuses interventions faites à cet égard lors du Comité Central d’Entreprise de février dernier.


Déjà en 2004, la direction avait lancé une négociation sur la réforme de la structure de rémunération des cadres en contrepartie de la réactivation de la C1, comme échelle de début de plage de la filière cadres. Cette négociation n’avait pas abouti.


En effet pour qu’une réforme de la structure de rémunération puisse aboutir, il paraît incontournable que la grille cadre soit réévaluée dans sa globalité, ce qui n’était apparemment pas de la volonté de la direction à cette époque et qui ne l’est probablement toujours pas.


Par ailleurs, la direction et certaines organisations syndicales ont conclu un accord au sein de la Direction du Matériel visant à régler la question des CTE (Cadres Techniques d’Entretien) en réactivant, sur ce domaine uniquement, la C1. Aujourd’hui c’est sur les bases de cet accord que la direction veut étendre à toute la compagnie la relance de la C1.

De notre point de vue, les plages C1 et C2 doivent redevenir ce qu’elles étaient lors de la création de cette grille en 1992. La plage C1 était réservée aux ingénieurs stagiaires (embauches externes), la plage C2 constituant une plage d’approbation pour une durée de six mois avant la confirmation cadre en C3. Parallèlement, pour nous, le passage cadre, en venant du collège technicien/maîtrise, doit continuer à s’effectuer à partir de la C2, mais seulement en tant que plage d’accueil avant la confirmation en C3.


Le fait d’activer la C1, sans réévaluation, tend à tirer toute la grille cadre vers le bas en accentuant de manière déraisonnable le chevauchement avec la grille des techniciens et maîtrises. De plus, si l’on ajoute à cela la perte de l’ancienneté, on va globalement, dans le temps, dévaluer la position de l’encadrement.


Selon les fonctions, les filières, les directions, la géographie, les progressions et les promotions dans l’encadrement sont complètement différentes instituant ainsi des règles d’évolution de carrière totalement inégalitaires.


Que dire également de la méthode de pesée des postes où tous les critères pris en compte cèdent le pas devant les aspects budgétaires. La qualification, le niveau d’étude, les compétences, l’expérience sont relégués à l’arrière-plan.


Avec le renforcement du pouvoir centralisateur de la holding AF/KLM, la fonction d’encadrement n’est plus associée de la même façon à la démarche de l’entreprise. Des objectifs sont donnés sans pour autant que l’encadrement ait son mot à dire sur les objectifs, mais pire, sans qu’il puisse négocier les moyens lui permettant d’atteindre ces objectifs. Situation qui contribue à renforcer le management par la pression au détriment du management par l’adhésion.


Air France semble vouloir s’engager dans la responsabilité sociale de l’entreprise. Pour que cette démarche aille au-delà du discours, il faut aussi qu’elle s’engage dans la responsabilité sociale des cadres, en s’inspirant de la charte européenne des cadres signée par de nombreuses organisations syndicales.


L’égalité hommes/femmes dans l’encadrement, en particulier, n’est toujours pas au niveau de déclarations d’intentions, la direction doit s’engager de manière volontariste afin de résorber cette inégalité.


Il est nécessaire d’aller vers une harmonisation entre les grandes fonctions afin de maintenir une part d’homogénéité dans l’aptitude à exercer les fonctions cadres. Cela revient aussi à mettre en place une formation tronc commun entre toutes les fonctions et à instituer une véritable formation tout le long de la carrière.


Autre sujet, la mobilité des cadres : celle-ci est devenue au fil du temps souvent extrêmement difficile d’autant