L'UGICT-CGT Air France demande
Un véritable statut pour les techniciens
1. PREAMBULE
Ce projet s'adresse à l'essentiel des catégories B - Techniciens et plus largement à diverses professions incluses sous le vocable de professions intermédiaires comme la santé, l'action sociale et les différents métiers dits « logistiques» dans l'entreprise Air France.
Les différentes professions représentent près de 4 millions (source 1998) de travailleurs en France correspondant à la définition UGICT -CGT du terme « Technicien» -salarié apte à maîtriser et à mettre en œuvre de façon autonome des techniques complexes.
Cela concerne à Air France, des fonctions variées dans les domaines tels que : technique, administratif, social, commercial, gestion, santé, etc.
Le développement rapide des catégories « techniciens» devrait se poursuivre dans les prochaines années.
Dans la Compagnie, le processus est déjà remarqué, le Collège Technicien représente la population la plus nombreuse.
Mais, à la différence des catégories ouvriers, employés et cadres, les techniciens n'ont jamais pu obtenir la reconnaissance au niveau inter professionnel de leur catégorie, certainement pour des raisons historiques et idéologiques.
Les différentes actions de ces dernières années, avec la participation de plus en plus active -voire
massive- de techniciens, démontrent le besoin d'un socle de garanties collectives communes sur lequel l'identité professionnelle et l'épanouissement personnel du technicien pourrait se réaliser, d'où l'idée d'un statut du technicien dans l'entreprise.
VERS UN STATUT DU TECHNICIEN ET LA RECONNAISSANCE DES IDENTITES
Ce projet de statut est conçu comme un élément de convergence entre les identités des techniciens sur la base des aspirations transversales aux différentes professions concernées dans l'entreprise Air France.
Il est également un élément de convergence entre les différents techniciens, quels qu'aient été leurs
parcours :
. Jeunes diplômés
. Techniciens expérimentés ayant débuté leur carrière de technicien, sur la base de diplôme professionnel
. Ouvriers, employés et agents promus
technicien par la promotion interne.
Il est aussi un élément de convergence entre les hommes et les femmes.
Comme dans le monde du travail, en général, et malgré quelques timides avancées, la catégorie « technicien » à Air France, n'échappe pas à la règle de la discrimination homme -femme.
Le nombre croissant de femmes accédant aux postes de techniciens porte l'exigence, à la CGT & rUGICT -CGT, de la reconnaissance de la qualification et de l'égalité de leurs rémunérations par rapport aux hommes.
1
Il. RECONNAISSANCE DES DIPLOMES DE LA FORMATION INITIALE
Les situations actuelles dans l'entreprise Air France ont:
. Une fâcheuse tendance, pour les directions des différents secteurs, à utiliser la stratégie des métiers, au sens patronal, aux dépens des repères collectifs de reconnaissance des qualifications.
. Une tendance à remettre en cause la
reconnaissance des diplômes lorsqu'elle existe, en particulier, en utilisant la dégradation de l'emploi.
La non reconnaissance a déjà et aurait, si elle se généralise, différents effets:
.
. La remise en cause de l'utilité des diplômes.
. La dévalorisation des diplômes et des études scolaires des jeunes (et des moins jeunes).
. La démotivation des jeunes diplômés.
. La déréglementation des politiques salariales et sociales, du statut et/ou des conventions collectives.
. La concurrence malsaine entre génération.
UNE DES REVENDICATIONS DE LA CGT & DE L'UGICT-CGT AIR FRANCE EST LA RECONNAISSANCE DES DIFFERENTS DIPLOMES DE L'EDUCATION NATIONALE -DES AUTRES DIPLOMES OU TITRES RECONNUS ET HOMOLOGUES -DES DIPLOMES EUROPEENS DANS LA GRILLE DES REMUNERATIONS ET LES REGLEMENTS DU PERSONNEL DE LA COMPAGNIE.
Le barème ci-dessous n'est donné qu'à titre indicatif
.BEPC 9 183 F /1 400 € .CAP/BEP (CF Apprentissage) 10 370 F /1 581 € .BAC/pro 13 106 F /1 998 € .BAC + 2 15 290 F /2 331 €
.BAC + 3 16 379 F /2 497 €
etc.
Les salaires ci-dessus sont sur une base horaire hebdomadaire de 35 heures.
N'oublions pas qu'une des revendications majeures de l'UGICT-CGT porte sur un salaire minimum garanti à
9 183 F soit 1 400 €.
III. CONDITION DE RECRUTEMENT
Les directions des différents secteurs de l'entreprise utilisent la situation actuelle de l'emploi et du monde géopolitique pour recourir de plus en plus systématiquement aux diverses formes d'emplois précaires (CDD, temps partiel imposé, MOE, contrats). La reconnaissance des diplômes et des qualifications des nouveaux techniciens entrants est ainsi remise en cause.
Ainsi à Air France, la précarité devient-elle la règle pour les jeunes techniciens, l'obtention d'un COI et le recrutement de personnel titulaire, une exception.
Cette situation intolérable nous amène à la CGT & l'UGICT -CGT -AIR FRANCE à affirmer que l'embauche en CDI doit 6tre une règle et que l'emploi précaire -quelle que soit la forme-, l'exception liée à une situation ponctuelle de surcharge et pour laquelle les Directions ont, au préalable, informé et consulté formellement toutes les instances et organisations représentantes du personnel.
Par ailleurs, nous devons rappeler que la période d'essai ou de stage, dans un Contrat à Durée Indéterminée, est le moyen légal pour le salarié, comme pour l'employeur, de confirmer ou rompre le contrat de travail (pratique courante, notamment chez les PNC).
Pour ce qui concerne toutes formes de précarité nous devons développer nos propositions à partir du thème suivant: dès l'instant qu'un poste permanent de travail est occupé par un ou plusieurs salariés en situation précaire, une embauche doit être décidée.
Cette embauche doit respecter les règles statutaires et être proposée, en priorité, aux salariés en situation précaire
IV. QUALIFICATION -SALAIRE -DEROULEMENT DE CARRIERE
Les tendances lourdes actuelles se caractérisent par une très grande disparité salariale, une remise en cause de la qualification en lui substituant la notion de compétences, une politique d'individualisation répondant au seul intérêt de l'employeur et pour le salarié une évolution de carrière limitée.
Tout le monde a pu le remarquer avec la mise en place d'une multitude de filières métiers, sans cesse modifiées unilatéralement par la Direction Centrale d'Air France.
Pour leur part, les techniciens formulent de très fortes exigences pour la reconnaissance de leur identité et de leur qualification et au droit à un réel déroulement de carrière.
En ce qui concerne la qualification, pour nous CGT & UGICT -CGT, elle doit prendre en compte la formation initiale, l'expérience professionnelle, l'efficacité individuelle, la reconnaissance de la responsabilité professionnelle et sociale de chacun.
La prise en compte de ces différents éléments devrait permettre la convergence d'intérêts entre:
.
. .
Les jeunes techniciens diplômés
Les techniciens expérimentés
Les techniciens autodidactes promus par promotion interne
Convergence également en terme de classifications et de salaires, dans le respect des qualifications, sur des grilles unique: ouvriers 1 employés, techniciens, maîtrise 1 cadres, cadres supérieurs, quels que soient les secteurs d'activité de l'entreprise.
A titre d'exemples, quelques disparités de classifications de l'entreprise Air France (liste non exhaustive) :
. Filière Fret: Technicien Fret (plage de 81 à 83) –
Technicien Cargo (plage de 81 à 86)
. Filière Commercial: Technicien Ventes Affaires
(plage 81 à 84) -Assistant Grands Comptes
(plage 83 à 86)
En tout état de cause, le salaire doit intégrer l'expérience et l'ancienneté dans la vie professionnelle dans son ensemble.
En ce qui concerne les salaires, la CGT & l'UGICT -CGT propose le doublement de la rémunération en euros constants pour une carrière de technicien avec une progression régulière.
Pour ce qui est du déroulement de carrière, il doit être garanti pour tous les techniciens. Il devra s'articuler:
. Sur une évolution minimale garantie à tous les techniciens, sans restriction.
. Sur la reconnaissance de la formation continue.
. Sur la reconnaissance de l'efficacité individuelle sur la base de critères clairement et collectivement définis avec les intéressés qui devraient permettre l'accélération du déroulement de carrière.Ce déroulement de carrière suppose la transparence de l'ensemble de ces critères.
Nous proposons, à cet effet, la mise en place là où elle n'existe pas, de commissions de carrière et de
recours dont les missions, le rôle et les attributions doivent résulter de débats entre les salariés.
Compte tenu de l'importance prise par les entretiens d'évaluation et afin de résoudre les situations de blocage des carrières, nous proposons:. Une veille législative et réglementée de l'évolution de carrière du « technicien Air France»
. Que le déroulement de carrière de la catégorie technicien soit élargi avec la possibilité d'un chevauchement entre les classifications de techniciens et agents de maîtrise/cadres comprenant la création de passerelles entre elles, sans notion de logique de postes.
. Qu'un accord fixant le cadre soit mis en place afin de maintenir et défendre, dans l'intérêt de tous les salariés, la promotion normale des techniciens.Cela suppose que les conditions du passage de la catégorie de technicien à celle d'AME/Cadre soient clairement définies et élargies, par la prise en compte notamment de l'aptitude, des fonctions exercées et fou des diplômes acquis.
L'égalité entre hommes et femmes doit être respectée pour les promotions en prenant en compte la spécificité féminine.
Parallèlement, l'accès des techniciens à la formation professionnelle doit être largement facilité et mis en place. Cela nécessite que œ temps de formation soit prévu par l'employeur comme le stipule l'accord signé par notre Confédération en septembre 2003.
V. RECONNAISSANCE DES DIPLOMES OBTENUS DANS LE PARCOURS PROFESSIONNEL. RECONNAISSANCE DE L'EXPERIENCE PROFESSIONNELLE
Trop souvent le salarié qui a obtenu un diplôme durant son parcours professionnel est confronté aux choix suivants: soit continuer dans les mêmes conditions, ce qui de fait, correspond à une non prise en compte de sa nouvelle qualification par l'employeur, soit quitter l'entreprise pour faire valoir son nouveau diplôme à l'extérieur.
En conséquence, nous revendiquons, la reconnaissance et la rémunération, par la Direction d'AF, des diplômes nationaux, internationaux, publics ou privés validés et homologués obtenus par tout salarié dans sa vie professionnelle:
. De façon immédiate lorsque le diplôme correspond à une activité, au développement de l'entreprise.
Les acquis professionnels doivent être validés dans l'entreprise Air France comme en externe, notamment pour les VAP-VEA-CQP, afin que les salariés les ayants obtenus puissent les faire valoir.
Parallèlement, la reconnaissance de la formation non diplômante (formations d'adaptation aux nouvelles techniques, par exemple) doit être formalisée (déroulement de carrière, salaire) ainsi que les examens internes (assistant piste, planning PN, examen technicien niveau Il entretien aéronautique, etc.).
VI. CHANGEMENTS DANS CONDITIONS DE TRAVAIL
LE TRAVAIL
Les techniciens vivent de profonds changements dans leur travail qu'il s'agisse:. De l'utilisation de nouvelles technologies telle que l'informatisation, la robotique, etc.
. De nouvelles méthodes d'organisation du processus du travail liées à la mise en cause du « Taylorisme» rapprochement entre la conception et la production, équipes autonomes, polycompétences, polyvalences, polytechnicité, gestion par projet, relations clients/fournisseurs, centres de profits, etc.
. De transfert de fonctions (recherche informatique, traitement de texte, multimédia, etc.) remplis par les techniciens en plus de leurs tâches, mini commandement, fonctions d'encadrement de proximité (leader).A cela s'ajoutent de nouvelles méthodes de gestion,
des salariés :. Entretiens individuels, contrats d'objectifs, bilans de compétences
La déshumanisation de l'entreprise liée à l'arrivée de ces nouvelles technologies, par exemple les Bornes d'Enregistrement Libre-Service et leurs nouvelles évolutions, les systèmes de filtrage passagers Air France dans le cadre de la sécurité -sûreté (reconnaissance optique et digitale) ou la vente de billets par Internet, amène l'entreprise à délaisser l'aspect humain et relationnel avec nos clients. La rentabilité à outrance et le développement de la mobilité contrainte interservices aura fatalement des conséquences sur les emplois, leurs classifications rémunérations à court terme et la qualité de vie et de travail de chacun d'entre nous.
Ces changements porteurs de profondes contradictions (intervention plus large du salarié dans son travail corrélativement à une exploitation et une responsabilisation plus importante) se caractérisent par une profonde dégradation des conditions de travail au sens large du terme.
Celles-ci appellent des réponses et un débat de fond en matière d'amélioration matérielle des conditions de travail, mais aussi d'emplois, de formation professionnelle, de qualifications, de déroulement de carrière et de rémunérations, de tous les salariés de l'entreprise.
L'intervention des techniciens dans la gestion de l'entreprise et les propositions qu'ils peuvent formuler, permettrait à celles-ci de remplir son rôle économique et social. Notre Organisation Syndicale en est persuadée.
VII.
CHARGES DE TRAVAIL -DUREE DU TEMPS DE TRAVAIL
Cette dégradation des conditions de travail est particulièrement forte en terme de charges et de durée du temps de travail.
En ce qui concerne la charge de travail, elle résulte souvent du contrat d'objectif dans lequel le technicien est enfermé, avec des contraintes fortes, qu'il s'agisse de budget ou de délai.
Cette contrainte permanente, ou gestion par le stress, avec ses conséquences en matière de santé physique, morale, d'insatisfaction et de démotivation, génère, dans la durée, une tension qui peut réellement être traumatisante pour le salarié.
Cette situation pose en grand la question de la durée du temps de travail.
L'application dans une entreprise « phare », comme Air France, de la loi sur les 35 heures et qui aurait dû être synonyme d'avancées sociales et de créations d'emplois, n'a réellement rien changé.
Au contraire, elle a eue pour effet de dégrader la situation, car les Directions centrales et locales en ont profité, avec l'aide de quelques organisations syndicales peu méfiantes, pour remettre à plat certains avantages sociaux de la Compagnie. La flexibilité de l'emploi, des horaires et l'annualisation du travail à peine déguisée, contraignent ainsi à faire travailler moins longtemps, mais bien plus souvent les salariés sans réelles contreparties.
En effet, les dépassements d'horaires et, en règle générale, de durée de temps de travail sont «monnaie courante» sans que ceux-ci soient comptabilisés et rémunérés.
Le recours aux astreintes et à l'embauche de personnels à temps partiel imposé se développe rapidement et pose d'autres questions importantes dont leurs limites légales et les aspects liés à leurs rémunérations.
Nous demandons:
. Qu'un audit officiel, neutre et transparent, sur le dimensionnement des effectifs à Air France dans chaque secteur de l'entreprise, soit réalisé.
. Que la Direction Centrale tienne compte des réelles difficultés, que rencontrent les « techniciens») pour exercer leur activité au quotidien, répertoriées et développées par les représentants syndicaux à travers les
réunions mensuelles des délégués du
personnel.
Chacun des thèmes abordés dans ce tract fera l’objet d’expression spécifique à venir.
Si vous êtes intéressé(e) ne manquez pas de nous contacter.
. Après un stage interne complémentaire avec obligation pour l'employeur de prendre en compte la nouvelle qualification du salarié.