Mardi 20 juin 2006


1936
LES CONGÉS PAYÉS
1946
CRÉATION DES CE ET DU CCE AIR FRANCE
2006
CE ET CCE POUR REPONDRE AUX BESOINS SOCIAUX 
 
 
 
La société et les médias, toujours à la recherche de « sensationnel » ont une grande tendance à qualifier d' « historiques » des dates que tout le monde oublie dans les semaines ou les mois qui suivent.
 
Cependant, s'il est deux dates réellement historiques que le monde du travail se doit de célébrer avec faste, c'est bien 1936 et 1946.
 
LES SOIXANTE DIX ANS DES CONGES PAYES

Cet été nombre d'entre nous vont partir en vacances avec le CCE. Et cela semble parfaitement naturel. Et pourtant que de batailles il a fallu pour en arriver là. Car sans 1936 et le Front Populaire, les congés ne seraient pas ce qu'ils sont aujourd?hui. C'est grâce aux longues grèves et aux occupations d'usines que deux millions de salariés déterminés, avec la CGT réunifiée à leur coté, ont réussi à faire plier le patronat.  

Jusqu'en 1936, quasiment toute l'existence des salariés était consacrée au travail. Les loisirs étaient réservés aux gens aisés.
 

En dépit d'un patronat qui déclarait (déjà) qu'avec ces mesures la France courrait à sa ruine, un souffle de liberté s'est propagé cet été là sur le pays.

 
Les projets de lois sur les 40h et les congés payés déposés le 09 juin 1936 furent adoptés par la Chambre des députés à majorité d'Union Populaire et le Sénat dans les jours qui suivirent.
Le décret d'application de la loi sur les congés payés parut le 1er août. « Cette loi accordait à tout salarié ou apprenti, après un an de service continu dans l'établissement, un congé annuel payé d'une durée minimum de   quinze jours ».
 
A l'époque être en congés payés est utopique. 
Ces victoires sont davantage des conquêtes de temps que d'augmentation de salaire.
 
600 000 ouvriers sont partis en vacances en 1936. Ils seront 1 800 000 l'année suivante.
 
Mais très vite une question se posa. Comment allait-on occuper ces congés ? Sous l'impulsion de Léo Lagrange des réductions de 40 % sur les billets de train furent accordées ainsi que des tarifs spéciaux négociés avec les hôteliers. C'étaient les premières bases d'un tourisme social.
 
LES 60 ANS DE NOS CE ET DU CCE
 

C'est pendant les heures les plus noires de l'occupation que se réunit pour la première fois en 1943 le Conseil National de la Résistance. Celui-ci lance les bases de ce que devront être les Comités d'Entreprise : contrôle de la bonne application des lois sociales, prise en compte des méthodes de travail, surveillance économique de l?entreprise, mais aussi l'organisation des loisirs des personnels et mise en place d'activités sociales et culturelles.

La loi régissant les CE sera votée le 16 mai 1946. Pour Air France ce sera chose faite très rapidement, et les CE et le CCE verront officiellement le jour le 29 mai 1946 avec à sa tête un Secrétaire Général CGT. 

Sur les activités sociales, les CE ont permis l'accès au sport, aux loisirs, à la culture, à des millions de salariés qui en étaient exclus. Les Comités d'entreprise et autres organismes équivalents, par la constitution de patrimoine en propre ou mutualisé, ont donné à toujours plus de familles la possibilité de partir en vacances.
 
 Car si le droit aux vacances existe, son accès pour tous est une lutte permanente au cour de laquelle se situent en particulier la CGT et ses élus dans les Comités d'entreprise.
 
Après 60 ans d'existence, beaucoup reste à faire ; la responsabilité du mouvement syndical est grande pour préserver ce fabuleux acquis qu'est le Comité d'entreprise.
 
Pérenniser son existence et lui donner toujours plus de moyens et de pouvoirs, voilà l'objectif qui nous anime aujourd'hui.
  
Pendant ces 60 ans, basés sur les principes fondamentaux de solidarité interprofes-sionnelle et intergénérationnelle la CGT n'aura de cesse, dans le domaine des activités sociales, de permettre l'accès aux vacances pour les familles et aux colonies de vacances pour les plus jeunes. Cela se traduira par l'acquisition d'un patrimoine d?une richesse exceptionnelle.
 
À Air France le patrimoine du CCE n'a cessé de croître depuis 60 ans. Dès 1962 Les premières réalisations naissent avec Chasseneuil, St-Georges-de-Didonne puis Gassin. Le dernier investissement a vu le jour en 2002 avec le centre de détente de l'Oyack en Guyane qui lie tourisme social et écotourisme.
 
Le patrimoine en propre du CCE est aujourd'hui constitué de 17 centres vacances jeunes, 7 centres de détente et 4 villages vacances. Le CCE est aussi co-propriétaire de plusieurs villages. Pourtant cela ne suffit pas à répondre aux besoins croissants des agents.

UN PATRIMOINE EN PROPRE OU MUTUALISÉ DANS LE TOURISME SOCIAL :
DANS QUEL BUT ?
 
 
Un récent rapport de l'U.N.A.T. (Union Nationale des Associations du Tourisme) démontre que le prix moyen d'une location en secteur commercial est de :
·        714 € par semaine en zone littorale, contre 551 € pour le tourisme social, soit des tarifs inférieurs de 22,8 %,
·        538 € par semaine en zone montagne, contre 439 € pour le tourisme social, soit des tarifs inférieurs de 18,4 %.
De plus l?écart se creuse encore pendant les vacances scolaires avec de fortes augmentations des prix en secteur commercial :
·        + 48% pour la montagne
·        + 35.6% pour la mer
Pour ces raisons la CGT reste et restera un fervent défenseur d'un tourisme social et, là où le secteur marchand recherche uniquement profits et rentabilité financière, notre syndicat favorise l'épanouissement, la créativité, la diversité et la participation de tous à l'élaboration de projets vacances.
Pour pérenniser ce tourisme social, il est essentiel de favoriser la mutualisation des moyens. Cela permet la mixité sociale et culturelle, le brassage interentreprises et catégoriel, des offres diverses et variées, ainsi qu'un contenu culturel. Ce type de tourisme permet aux CE copropriétaires d'être décisionnaires des investissements et du fonctionnement des centres de vacances ainsi que du contenu des activités.
 
Depuis 1999, date du retour de notre syndicat au bureau du CCE, la CGT s'efforce, avec vos élus, de favoriser cette démarche, malgré les diverses tentatives de la Direction d'Air France pour l'en empêcher, notamment avec le passage de 20 à 8 CE (que nous espérons temporaire car nous attendons toujours le jugement).
 
La CGT et l'UGICT/CGT continueront à mettre tout en oeuvre pour que les CE et le CCE restent au plus près des salariés, en répondant à vos besoins en matière sociale.