Prison avec sursis pour Jean-Marie Le Pen

08.02.08 | 15h47

 

PARIS (Reuters) - Jean-Marie Le Pen a été condamné à Paris à trois mois de prison avec sursis et 10.000 euros d'amende pour "complicité d'apologie de crimes de guerre et de contestation de crimes contre l'humanité", en raison de propos sur la Seconde guerre mondiale en 2005.

Le tribunal correctionnel a presque suivi le parquet qui avait requis cinq mois de prison avec sursis et 10.000 euros d'amende. Le président du Front national était absent du procès comme lors du délibéré.

 



Sa défense ayant plaidé la relaxe, il devrait faire appel, ont annoncé ses avocats. Le président du FN assure que les propos n'étaient pas une véritable interview mais une discussion à bâtons rompus qui n'avait pas vocation à être publiée.

Jean-Marie Le Pen avait estimé en janvier 2005, dans une interview publiée par l'hebdomadaire d'extrême droite Rivarol, que l'occupation allemande de la France entre 1940 et 1944 n'avait "pas été particulièrement inhumaine, même s'il y eut des bavures, inévitables dans un pays de 550.000 kilomètres carrés".

Il racontait un épisode supposé où la Gestapo avait joué, selon lui, un rôle positif en empêchant un officier allemand de faire fusiller des civils en représailles d'un attentat.

"C'est la Gestapo de Lille, avertie par la SNCF, qui arriva aussitôt à deux voitures pour arrêter le massacre. On pourrait multiplier les anecdotes de ce type", disait Jean-Marie Le Pen.

Une amende de 5.000 euros a en outre été prononcée contre le directeur de publication de Rivarol, Marie-Luce Wacquez, et une autre de 2.000 euros contre le journaliste auteur de l'entretien, Jérôme Bourbon.

Les trois condamnés devront verser des indemnisations de un euro symbolique aux Fils et filles des déportés juifs de France, et 1.000 euros à chacune des trois autres parties civiles, la Ligue des droits de l'homme, le Mouvement contre le racisme et l'antisémitisme, Fédération nationale des déportés. La plainte de la commune de Villeneuve d'Ascq est déclarée irrecevable.

VINCENNES
Manifestation de solidarité
devant le centre de rétention

NOUVELOBS.COM | 02.01.2008 | 13:30



Plusieurs dizaines d'artistes, des élus et des militants de l'association Réseau éducation sans frontières ont manifesté mardi à Vincennes pour défendre les sans-papiers en rétention administrative.



Josiane Balasko, lors d'une action de soutien
pour les mal-logés le 14 decembre 2007 (Sipa)


Josiane Balasko, lors d'une action de soutien pour les mal-logés le 14 decembre 2007 (Sipa)

Une manifestation de solidarité était organisée mardi 1er janvier pour les sans-papiers en rétention administrative du centre de Vincennes, près de Paris.

Une délégation de plusieurs dizaines d'artistes, d'élus et de militants de l'association Réseau éducation sans frontières (RESF) étaient présents.

"Ces gens, ces hommes, ont été arrêtés au faciès pour faire du chiffre.

C'est une image de la France que je n'aime pas", a dénoncé l'actrice Josiane Balasko.

Pour elle, "on retient ces gens-là et on les expulse pour faire du chiffre, voilà".

"Il fallait 25.000 expulsions avant 2008.

Je ne sais pas s'ils sont arrivés à ce chiffre, mais enfin ils ont tout fait pour, puisqu'on s'en flatte régulièrement.

Le ministère de l'Immigration se flatte régulièrement des chiffres avancés comme si c'était le Loto, quoi", a-t-elle accusé.

"Je suis là pour voir, pour essayer de comprendre la situation de ces gens, pour, comme le dit Josiane, ne pas accepter que soit dégradé un être humain sur le sol français", a expliqué de son côté l'acteur Charles Berling.

RESF dénonce des "brutalités policières"

Selon RESF, depuis plus d'une semaine, d'abord dans le centre de rétention administrative du Mesnil-Amelot (Seine-et-Marne) puis dans celui de Paris-Vincennes, "des sans-papiers ont entamé une grève de la faim et refusent de regagner leur cellule".

"Chaque nuit, des incidents ont lieu", selon RESF.

"Brutalités policières, déplacement des 'meneurs', accélération des expulsions, le gouvernement ne ménage pas ses efforts pour étrangler le mouvement".

Selon la préfecture, le centre a été le théâtre de "mouvements d'humeur" de retenus aux raisons "multiples et confuses", évoquant entre autre une querelle sur le choix de chaînes de film.

D'après elle, des renforts policiers sont intervenus dans la nuit du 29 au 30 décembre et la soirée du 30, notamment lorsque des retenus ont refusé de regagner leurs chambres et à la suite d'un incendie de poubelle.

Il n'y a eu aucun blessé, a-t-on assuré de même source.


Le PS interpelle le gouvernement

Dans un communiqué, le secrétaire national du Parti socialiste à l'égalité, la diversité et la promotion sociale Faouzi Lamdaoui, a appelé le gouvernement à faire "toute la lumière sur les conditions de rétention dans ces centres".

"La dégradation des conditions de vie dans ces centres, dénoncée par les étrangers retenus et les associations, est la conséquence directe de la politique du chiffre absurde menée par le ministère de l'Immigration", juge-t-il dans un communiqué en réclamant que le gouvernement fasse "toute la lumière sur les conditions de rétention dans ces centres". (AP)

Pour une connaissance responsable

l’Humanité des débats Tribune libre -le 17 novembre 2007

Par Cris Beauchemin, Christelle Hamel, Laure Moguerou, Patrick Simon, chercheurs à l’Institut national des études démographiques.

Quelles statistiques contre les discriminations ?

Il n’aura échappé à personne que les discriminations fondées sur l’origine sont devenues criantes en France.

Les testings, les témoignages dans les médias, les quelques affaires judiciaires qui arrivent à leur terme, les plaintes recueillies par la HALDE et enfin les résultats des trop rares enquêtes qui permettent d’aborder le sujet fournissent un tableau incontestable : les chances d’accès à l’emploi des personnes d’origine maghrébine, c’est-à-dire qui sont nées au Maghreb ou qui sont nées en France dont les parents y sont nés, sont de 2 à 5 fois plus faibles, à diplômes et origines sociales égales, que celles des personnes qui ne sont pas d’origine maghrébine. Le même constat vaut pour

les personnes originaires d’Afrique subsaharienne.

Il se répète dans le domaine du logement et, de façon moins nette, il est vrai, dans celui de l’éducation.

Ces constats restent cependant impressionnistes.

Nous manquons d’informations sur l’amplitude de ces discriminations, les mécanismes qui en sont à l’origine, la façon dont elles se produisent, leurs conséquences sur la vie des personnes qui les subissent, leur articulation avec d’autres déterminants d’inégalités comme le sexe, la classe sociale, le quartier de résidence.

Toutes ces questions sont largement débattues dans la société française, mais elles sont rarement éclairées par des sources incontestables et solides, validées scientifiquement.

C’est pourquoi l’INED et l’INSEE se sont associés pour réaliser une grande enquête sur la diversité des conditions de vie et des parcours de vie des populations en France intitulée « Trajectoires et origines ».

Cette enquête sera réalisée fin 2008, mais elle fait d’ores et déjà l’objet d’une polémique et des voix se font entendre pour l’interdire ou la boycotter.

Le climat politique créé par la loi Hortefeux et son article 63 modifiant la loi informatique et liberté semblent avoir fait perdre les repères à quelques chercheurs et à SOS racisme qui ont lancé un « appel contre les statistiques ethniques » faisant l’amalgame entre l’établissement de « fichiers ethniques » et une enquête par sondages, anonyme et fondée sur le volontariat.

Nous voudrions rétablir quelques faits pour sortir de cette polémique stérile et à bien des égards insultante pour notre honneur professionnel.

Nous ne faisons en aucun cas des « statistiques ethniques » et nous ne réalisons aucun fichage : nous faisons de la statistique sociale comme des quantités d’enquêtes avant nous, à l’INED, l’INSEE et ailleurs.

Alors que nous cherchons à restituer l’expérience du racisme et des discriminations, à mesurer son ampleur et à évaluer l’incidence de l’origine sur les trajectoires sociales et, plus généralement, à comprendre comment se construisent et se mobilisent les ressources dans la vie sociale des personnes immigrées ou descendantes d’immigrés, nous voici accusés de créer le racisme, de provoquer le communautarisme, d’enfermer les individus dans des catégories. Nous parlons de religion et nous sommes antisémites.

Nous prenons en compte la couleur de la peau pour la rapporter aux discriminations au faciès subies et nous voici assimilés à des raciologues mesurant les crânes.

Nous annonçons quels sont nos objectifs et à quelles questions nous voulons répondre, et on nous fait des procès d’intention, insinuant que nous voudrions démontrer que les « Noirs sont fainéants », comme l’écrit l’un de nos critiques.

Plus grave encore, les attaques contre l’enquête avancent l’argument que le racisme ne serait pas si grave en France, et de toute façon moins répandu qu’ailleurs.

Inutile d’en faire trop et de faire une enquête sur le sujet.

Heureuse certitude de l’exception française : l’Europe s’inquiète des discriminations mais nous serions au-dessus de la mêlée.

Nous ne sommes pas de cet avis et pensons qu’il y a encore beaucoup à découvrir sur les discriminations.

L’enquête que nous préparons répond à la mission première de la recherche et de la statistique publiques : fournir des connaissances sur les enjeux de notre société.

Aux associations, aux syndicats, aux forces politiques, aux pouvoirs publics et à la société civile en général de s’en emparer pour la rendre plus juste.


La discrimination au travail

I ) Que dit la loi?

Le code du travail, dans son article L 122-45 et suivants protège toute personne qui subirait une discrimination à l’embauche ou pendant l’exécution de son travail.

Ainsi, la loi dispose que :

« Aucune personne ne peut être écartée d’une procédure de recrutement ou de l’accès à un stage ou à une période de formation en entreprise, aucun salarié ne peut être sanctionné, licencié, ou faire l’objet d’une mesure discriminatoire, directe ou indirecte, notamment en matière de :

- Rémunération

- de formation

- de reclassement

- d’affectation

- de qualification

- de classification

- de promotion professionnelle

- de mutation ou de renouvellement de contrat »

et ce en raison de :

- Ses origines (ainsi un employeur ne pourra pas se fonder sur la nationalité d’un candidat pour refuser de l’embaucher)

- De son sexe (une exception existe pour l’embauche dans les métiers de la mode : mannequins ; toutefois les différences de salaires entre un homme et une femme pour le même emploi et à compétences égales sont interdites)

- De ses mœurs (en aucun cas les mœurs d’un candidat ne doivent être pris en compte par un employeur pour l’embauche, cela relève de la vie privée du candidat)

- De son orientation sexuelle

- De son age (sauf motif légitime. Ex : fixation d’un age minimum pour l’accès au poste)

- De sa situation de famille (une candidate ou un candidat ne saurait se voir refuser un emploi à cause - de son statut de femme/homme marié(e), divorcé(e) ou veuf/veuve)

- De ses caractéristiques génétiques

- De son appartenance ou de sa non-appartenance, vraie ou supposée, à une ethnie, une nation ou une race

- De ses opinions politiques (un candidat ne saurait se voir refuser l’embauche sous motif d’appartenance ou de sympathie à l’égard d’un parti ou mouvement politique)

- De ses activités syndicales

- De ses convictions religieuses (l’appartenance religieuse relève de la liberté du culte, et ne saurait être pris en compte lors d’une embauche)

- De son apparence physique

- De son patronyme

- De son état de santé ou handicap sauf inaptitude constatée par le médecin du travail.

II ) Que faire en cas de discrimination au travail ?

Une action en justice peut être exercée, en effet, un employeur qui se rendrait coupable d’un ou plusieurs faits de discrimination peut se voir sanctionner de 2 ans d’emprisonnement et de 30 000 euros d’amende.

Sachez également que les organisations syndicales peuvent agir en justice en faveur d’un candidat sans même que celui ci leur en fasse la demande, pourvu qu’il en soit avertit par écrit et qu ‘il n’en exprime pas son refus 15 jours avant l’intervention en justice exercée par l’organisation syndicale

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