Environnement - 25/10/2007
Le Grenelle suspendu à l'arbitrage présidentiel sur les points chauds
La
"révolution écologique" du Grenelle de l'environnement était suspendue
le 25 octobre à l'arbitrage du président Nicolas Sarkozy sur plusieurs
points polémiques, comme l'instauration d'une "taxe carbone" pour
donner un prix à la pollution, ou la réduction des pesticides.
La
"taxe carbone", considérée par les écologistes comme un "test" du
succès du Grenelle de l'environnement, vise à "donner un prix" à la
pollution de l'atmosphère, en taxant les produits en fonction de leurs
émissions en dioxyde de carbone (CO2), principal gaz à effet de serre.

Sur
les pesticides, le bras de fer entre écologistes et représentants des
agriculteurs a finalement été tranché au détriment du camp "vert".
Le
texte final avalisé par le ministère de l'Ecologie évoque une réduction
de 50% de l'usage des pesticides, mais sans date butoir, et
conditionnée à la mise en place de "méthodes alternatives".
"Autant
dire, rien", a résumé Marie-Christine Blandin, sénatrice Verte du Nord
et coprésidente du groupe de travail sur la biodiversité.
"Champagne pour la FNSEA : c'est quand on veut si on veut", a-t-elle ajouté.
"Nous
sommes satisfaits, car nous avons obtenu l'assurance de l'adoption
d'une loi sur les OGM et d'un plan de réduction de l'utilisation des
pesticides sans calendrier", a indiqué Pascal Férey, vice-président de
la FNSEA.
La France est le premier utilisateur de pesticides (herbicides, fongicides, insecticides) en Europe.
La
moitié des cours d'eau et près d'un tiers des nappes souterraines
françaises contrôlées en 2004 étaient contaminées de façon
significative par des pesticides, selon l'Institut français de
l'environnement (Ifen).
Ces substances chimiques sont fortement
soupçonnées d'avoir des effets cancérigènes et sur la reproduction.
Sur
le dossier très conflictuel des OGM, le ministre de l'Ecologie
Jean-Louis Borloo a annoncé un gel des cultures de maïs génétiquement
modifié jusqu'à l'examen d'une loi "dès janvier 2008".
Le principe
d'une loi réglementant les OGM en janvier a été entériné, de même que
la mise en place d'une Haute autorité indépendante, a-t-il ajouté.
Par
ailleurs, le Grenelle a entériné le fort développement du "bio" dans
l'agriculture française, dont la part devra passer à 6% de la surface
cultivée en 2012 et 20% en 2020, contre 2% actuellement.
Le bio
doit aussi bénéficier d'un objectif de 20% des commandes publiques pour
la restauration collective. Les modalités seront précisées dans la loi,
les maires devant garder la compétence.
Les défenseurs de la
nature et du vivant ont été entendus avec la création d'une "trame
verte" sur le territoire français, Outre-Mer compris, reliant les
espaces naturels afin de faciliter la circulation des espèces sauvages,
végétales et animales.
Sur le projet controversé de mine d'or en
Guyane sur la montagne de Kaw, une mission d'expertise devra rendre
dans les prochains jours un rapport, avant une décision définitive.
Enfin,
les partisans de l'implantation de l'aéroport interrégional du
Grand-Ouest, prévu près de Nantes, s'interrogeaient sur la poursuite de
ce projet, après l'annonce d'un gel des augmentations des capacités
aéroportuaires.
Le Grenelle a terminé le 25 octobre
après-midi ses travaux, à l'exception d'une dernière table ronde sur la
démocratie écologique reportée au 26 octobre.
Cette dernière table ronde doit notamment accroître la place des associations d'environnement dans les institutions (Conseil économique et social) et entreprises.