Discours prononcé par
Karine Monségu
pour le départ
à la retraite de Bjarne
le 20 mars 2008
Je voudrais commencer cet hommage à Bjarne
par la lecture d’un texte de Aragon :
« Je n’ai pas toujours été l’homme que je
suis.
J’ai toute ma vie appris pour devenir l’homme que je suis, mais je n’ai
pas pour autant oublié l’homme que j’ai été.
Et si entre ces hommes-là et moi, il y a contradiction, si je crois avoir appris, progressé, changé, ces hommes-là, quand me retournant, je les regarde, je n’ai point honte d’eux, ils sont les étapes de ce que je suis, ils menaient à moi, je ne peux pas dire « moi » sans eux ».
Bjarne, lui aussi, fait partie des ces hommes qui
ont eu plusieurs vies.
Bjarne est né à Copenhague, le 18 février 1947.
Son
enfance auprès de ses parents, de ses deux frères et de sa sœur fut marquée par
le handicap de son père, amputé des deux jambes suite à une maladie.
Sa maman,
pour assurer l’éducation des enfants travaillait la nuit dans une usine de
bière et s’occupait le jour de sa famille.
Pour échapper à un quotidien parfois
difficile, Bjarne se réfugiait dans la bibliothèque de son quartier.
C’est là
qu’il découvrit la littérature, la poésie, la peinture, la sculpture et
développa un intérêt intarissable pour l’art en général.
Sa maman qui décéda
jeune, laissa à Bjarne le souvenir d’une
femme courageuse mais aussi d’une femme-enfant qu’il assimilait plus à une sœur
qu’à une mère.
Son père qui disparu plus tard laissa à Bjarne le sentiment de ne pas avoir toujours bien compris, dans l’enfance, les souffrances générées par la maladie mais d’avoir tout fait dans l’âge adulte, avec la pudeur toute danoise qu’on lui connait, pour être proche de cet homme qui lui fut cher.
Dès 1968 il s’engagea contre la guerre au Vietnam
et participa à de nombreuses actions et manifestations.
A cette époque il
vivait en communauté dans un appartement de Copenhague qui comptait dans ses
murs nombre d’étudiants, de musiciens, d’artistes et de militants.
Non, je ne vous raconte pas d’histoire, Bjarne avait alors les cheveux longs…
Puis vint sa décision de faire le tour de
l’Europe et du monde en stop.
Il partit en Suède où il fut bûcheron.
Il arriva
en France où il fit les vendanges dans le sud avec les immigrés espagnols.
C’est à Paris qu’il trouva un emploi pour fabriquer de faux meubles anciens,
qu’il garda des enfants, qu’il refit des peintures d’appartements, qu’il
travailla à la conciergerie de la maison du Danemark avant d’être embauché chez
Bouygues.
Et il n’est pas peu fier d’avoir participé à la construction du
Palais des congrès de la Porte Maillot !
C’est dans cet univers qu’il fut
témoin de l’exploitation exacerbée des salariés et notamment celle des immigrés
et qu’il se mobilisa pour leur défense.
Le tour du monde s’acheva un après-midi
au jardin du Luxembourg.
Et oui…la vie est toujours faite d’imprévus !
Il
rencontra Evelyne.
L’étape française dure depuis 34 ans, mais rassurez-vous Bjarne a quand même fait le tour du monde avec son épouse et leur fils Joël né le 17 avril 1975.
Pour trouver un emploi stable il postula, sans
encore maîtriser la langue française, à ADP et Air-France.
Reçu aux deux
examens, il choisit Air-France.
Devinez pourquoi ?
Pour faire le tour du monde !
Dès le premier mois d’essai Bjarne participa à
l’occupation de caravelles et mena avec d’autres copains et copines une
opération « boules puantes » pour faire sortir les passagers de
l’avion.
Autant dire que c’était une autre époque…et qu’aujourd’hui il n’aurait
pas été confirmé en CDI.
Cependant ces anecdotes nous révèlent comment Bjarne s’est toujours engagé, prenant des risques, pour lutter contre ce qui lui semblait être des injustices.
Ce fut le début d’un engagement sans faille
auprès de la CGT mené dans la continuité, l’honnêteté et l’ouverture vers les
autres.
Bien sûr il faudrait écrire un livre pour raconter tout ce que Bjarne a
vécu dans notre CGT.
Ce que nous pouvons retenir c’est l’immense travail de
Bjarne, sa disponibilité, son écoute, son dévouement au service des salariés et
de la section.
Pour les jeunes militants il est le référent comme l’ont été Claude Mesplède, Lionel Strat, Gérard Gaudicheau et tant d’autres.
Bjarne a aussi été un homme d’engagements et
d’actions pour son parti.
Le parti communiste français.

Imprégné de rencontres
et de lectures, l’idéologie et le projet de société du parti ont toujours été
défendus par lui.
Il a toujours gardé en mémoire ces personnes qui dans les
périodes les plus sombres de l’histoire ont lutté et voulu construire un monde
de justices sociales.
Beaucoup étaient communistes.
Un ami danois à lui
surnommé « le capitaine » qui s’était rendu en Espagne à vélo pour
entrer dans la résistance contre Franco l’avait beaucoup marqué par ses
témoignages.
Bjarne partage la vision de Victor Hugo « ceux qui vivent sont ceux qui luttent ».
Ainsi il n’a pas hésité quand son syndicat et son
parti l’ont sollicité à partir soutenir les populations opprimées.
Les risques
étaient parfois nombreux et perdre sa vie était dans la balance des menaces.
En
Afrique, en Haïti, en Palestine, Bjarne n’a jamais reculé.
Et surtout il a
toujours été convaincu et l’est encore que la construction d’un autre monde est
possible.
Pour ces raisons, il lui est constamment apparu naturel d’y participer activement. Et Bjarne est obstiné et têtu, il ne démord jamais d’une idée.
Quand les conflits internes au syndicat ou au
parti se faisaient trop pesants et que parfois Bjarne désespérait, il reprenait
les lectures de ses auteurs préférés dont Spinoza et Diderot puis Victor Hugo
au travers des œuvres duquel il avait découvert la société française.
Il allait
régulièrement ventiler son esprit dans les musées, dans les débats, les salles
de cinéma alternatif.
D’ailleurs ce n’est qu’un début !
Le voilà libre de
son temps et il est à prévoir que le nombre de ses abonnements dans les centres
culturels va fortement augmenter.
C’est dire combien les prochaines discussions
avec Bjarne vont durer encore plus longtemps !!!
Pour notre plus grand plaisir, confessons-le !
Quand les situations étaient trop dures sur la
question des rapports entre les individus car la sensibilité de Bjarne et son
humanisme font qu’il ne comprend pas et ne supporte pas la haine, quand l’art
ne suffisait plus à le libérer de ses angoisses, alors là Bjarne en revenait à
la grande culture danoise : le whisky et le schnaps !!!
Si un jour
vous voyez Bjarne allonger sur la moquette fixant le plafond c’est qu’il en a
marre.
Néanmoins ne vous inquiétez pas, il repart au combat dès la cuite passée !!!
Je ne peux pas achever cette allocution sans y
glisser un témoignage plus personnel.
J’ai rencontré Bjarne en janvier 1998 au
congrès de la section de Roissy.
Au début je ne comprenais pas bien ce qu’il disait et c’était un peu compliqué d’échanger.
Maintenant je reconnais un danois de loin, c’est dire si j’ai progressé !
Nous avons tout de suite échangé sur les questions
de la communication de la CGT.
Je voulais y introduire une dimension surréaliste, avec des collages etc. Bjarne disait : « tu sais ce ne sera pas facile avec les copains »!
Quand j’ai milité et pris des responsabilités,
Bjarne m’a toujours soutenue et aidée avec une grande tolérance et patience
parce que j’avais déjà un sale caractère.
Il m’a enseigné ce que je sais.
Il
m’a appris à prendre du recul.
Par exemple quand il y a 10 ans, je faisais mes
premiers tracts et que face à une injustice commise par les patrons je voulais
titrer mon papier par « Bande de salauds, les salariés auront votre
peau » Bjarne disait c’est bien.
Il laissait un temps puis disait :
on peut peut-être le garder pour plus tard.
Puis il ajoutait : que
penses-tu du titre « Pour une véritable performance sociale ».
Voilà c’est ainsi que j’ai appris la mesure !
Un jour j’ai dit à Bjarne pendant que nous
distribuions des tracts à CDG :
« As-tu peur de vieillir, d’être
malade, d’être invalide », il m’a répondu :
« Non, je voudrais te connaître quand tu auras 60 ans ».
Bjarne est le père que je n’ai plus et pour ma
fille Léa, le grand-père qu’elle n’a pas eu.
Cela résume tout ce que je pourrais dire.
Alors en ce jour de départ pour sa nouvelle vie je dis à Bjarne j’espère que tu me connaîtras quand j’aurai 80 ans !!!
Pour finir, au nom de tous les camarades, des présents et de ceux qui n’ont pas pu être là, nous te souhaitons Bjarne une retraite heureuse, pleine d’activités et te remercions pour tout ce que tu nous à apporté et pour ta présence près de nous.
SKOL !


Remise de Médaille par José Rocamora
Secrétaire Général de la CGT Air France

Prise de parole de Bjarne

Chers amis, chers camarades, chers collègues,
A l’occasion d’un départ à la retraite, il est de coutume de dire quelques mots, j’aimerai pour ma part évoquer des évènements, des idées et des combats qui me sont chères.
J’ai souvent réfléchi aux réalités sociales qui forment l’individu.
En ce qui me concerne je me souvient des discussions que j’avait à 16/17 ans avec une copine dans les cafés à Copenhague.
Ces discussions contenait tous nos rêves.
Elle était beaucoup plus instruit que moi et ne venait pas d’un milieu ouvrier.
Nous avions en commun l’envie d’autre chose. Un monde bien plus beau que le conformisme de la société d’alors.
C’était l’époque de la guerre froide.
Celle de la guerre de Vietnam, de la révolution en Amérique latine, de la dictature fasciste au sud de l’Europe, du début de la fin du colonialisme, de la lutte des noirs aux USA, des premiers révoltes contre le stalinisme en Europe de l’Est.
Etant timides nous parlions sagement de tout cela, mais nos idées n’avaient rien de sage.
Il fallait naturellement tout changer !
Parmi nos nombreuses réflexions, il y avait même de la place pour un questionnement au sujet de la réalité.
Qu’est-ce que là réalité, nous demandions-nous ?
Rien de moins !
Après plusieurs rendez-vous, nous nous disions à ce sujet qu’à défaut de connaître la réalité en soi, apprendre des langues étrangères nous permettrais de mieux la saisir.
Le génie de chaque langue permettant de découvrir des pans de la réalité.
Cette soif d’horizons et de savoirs inconnus me décida à partir à la découverte du monde.
Mais avant de pouvoir découvrir le vaste monde, il fallait que je fasse mon service militaire.
C’était en 1968 début mai.
Les officiers supprimèrent nos permissions au motif qu’une intervention de l’Otan pourrait s’avérer nécessaire.
A l’époque les dirigeants au plus haut niveau décisionnel considéraient ces évènements comme une menace de révolution en France.
Plus de rendez-vous avec ma copine et nos voies ce sont séparés.
Une fois terminé mon service militaire je parti moi aussi.
Ayant peu d’argent je fis de l’auto-stop vers le nord de la Suède à travers les forêts interminables.
C’était l’aventure.
La rencontre avec la nature, le grand froid et les travaux dans la forêt et à la scierie.
Mes collègues étaient, outre les suédois, des immigrés finlandais.
Nous avions des cours de suédois après la journée de travail.
Si nous y somnolions, nous pratiquions aussi l’éveil syndical et politique les soirs sans cours et le samedi et le dimanche.
Nous animions avec des lycéens et des étudiants une des nombreux comités constitués contre la guerre au Vietnam.
Quel est le lien entre ce passé et ma future adhésion à la CGT ?
Je crois que mes rencontres avec les soldats américains révoltés – venus se réfugier en Suède, pays neutre - constitue une de ces prises de conscience qui à formé mes opinions.
Les panthères noires venues des USA pour militer contre la guerre du Vietnam nous parlaient de l’impérialisme, de la soif d’égalité, de dignité et de la révolution.
Après d’avoir vécu à Londres et en Espagne, la poursuite de mon voyage d’initiation me fit découvrir Paris.
Quelle ville !
Son atmosphère cosmopolite, l’élégance des femmes, ses innombrables librairies m’enchantaient.
J’était de passage, mais tombé amoureux et ayant envie d’apprendre le français.
Je restais.
J’ai pris contact avec la CGT.
Je trimais sur un chantier de Bouygues : la construction du Palais de Congrès à Porte Maillot.
J’ai un jour décidé de téléphoner à la confédération après un accident de travail mortel d’un jeune collègue portugais, comme moi employé au marteau - piqueur et sans papier - sauf, et il faut bien le souligner : venu d’une tout autre réalité politique et sociale -
Un rendez-vous avait été fixé.
On me conseilla la plus grande prudence et la rencontre se fit en prenant toutes les précautions.
Je devais reconnaître le syndicaliste dans le café indiqué, par le journal l’Humanité qu’il portait sous le bras.
Je ne lui appris rien en décrivant le total mépris d’application de règles de sécurité sur le chantier, mais il me mit en garde contre les méthodes muscles de Bouygues et la présence des indicateurs du service de renseignement de Salazar.
C’était avant la Révolution des œillets.
J’ai fini par devoir me contenter d’écrire, pour un journal danois, un article qui révélait cette réalité sociale en France.
Il fallait que je dénonce l’exploitation brutale de travailleurs immigrés, à l’origine du pouvoir économique et politique des propriétaires de cette société.
Mais je savais à peine parler le français.
Mon article avait pour titre :
« Un arabe à Paris », car la majorité de travailleurs sur ce chantier venait d’Afrique du Nord.
Encore aujourd’hui je déteste T.F.1 - Bouygues - et son rôle dans la sélection sociale des idées - et mon portable Orange - Bouygues - constitue un très mauvais choix !
Pour continuer mon voyage interrompu j’ai choisi Air France.
Embauché en CDD comme manutentionnaire en piste en 1976, 8 ans après mai 68 et 5 ans avant l’arrivé de la gauche au gouvernement - je mentionne ces évènements pour indiquer le contexte social et politique - j’ai tout de suite pu participer à des actions d’envergure :
nous occupions des caravelles à l’appel de la CGT pour exiger la construction de l’Airbus et ceci en liaison avec les travailleurs de l’aéronautique à Toulouse.
Rappeler cela aujourd’hui ne me semble pas inutile.
Cette volonté de salariés d’être des acteurs responsables et non pas des sujets au sein de leur entreprise me plaisait.
A la fin de mon CDD la direction a du confirmer mon embauche, non sans exprimer un regret certain concernant mon militantisme. Le rapport de force l’imposait.
Je pense que d’autres camarades témoignent mieux que moi de ces périodes intenses, mais je voudrais en quelques mots évoquer la longue bataille - politique évidemment, mais aussi syndicale - qui a précédé la conclusion du Programme Commun de la gauche et la victoire de 1981.
Nous les militants syndicalistes et souvent aussi politiques - j’avais adhéré au PCF - menions une intense bataille des idées sur les lieux de travail - peut-être décisive pour l’avènement du gouvernement de la gauche.
Nous organisions des débats politiques publics dans les restaurants du CE.
Des salariés de toutes les catégories y participaient : mécanos, manutentionnaires, des agents de maîtrise, des cadres, des coordos, des agents des services commerciaux, quelques pilotes.
Etre des citoyens aussi sur son lieu de travail, voilà encore une utopie qui s’est éloigné provisoirement, mais qui reste urgente à réaliser !
Un immense espoir était né. Le soir des résultats de l’élection les salaries de toutes les zones de la piste et dans des nombreux services commerciaux allumaient des bougies.
Nous savons aujourd’hui - avec le recul - combien la flamme de cette espérance était fragile face au mur de l’argent et en raison de nos propres divisions et illusions, mais je suis confiant dans la source de liberté et de révolte qui vit au cœur des hommes.
En disant cela je pense à toutes les générations de syndicalistes qui se sont succédés.
Au travail de ces camarades dans le syndicat. Impossible de nommer aujourd’hui tous ces hommes et ces femmes remarquables que j’ai pu rencontrer, mais je ne peux pas ne pas évoquer la mémoire de Pierre Barbier de la section syndicale de Roissy Escale.
Il faisait partie de ces camarades qui font vivre les valeurs de la CGT.
Il ne confondait pas fidélité aux principes et étroitesse d’esprit.
Confiant dans ses idées il savait sans crispation œuvrer pour l’unité syndicale dans la clarté et le respect.
Sa culture, sa solidarité et son courage imposait la confiance de ses collègues.
La direction de l’époque le reconnaissait à sa manière, il n’eu pas d’avancements.
Je lui dois beaucoup.
Quand la CGT de Roissy Escales après plus de 20ans eut a nouveau à gérer le CE, Karine fut élu secrétaire et Bérengère et moi secrétaires-adjoints dans un bureau pluriel à majorité CGT.
Tout était à inventer.
Au moins à l’échelle des défis que nous nous imposions en tant que représentants de la CGT.
Je peut dire que je dois ma disponibilité à ce moment décisif à la direction de l’Escale.
Ayant réussi l’examen de formateur d’anglais celle-ci avait du mal a me trouver un poste adapté.
Quelle chance !
Car voici enfin au niveau du CE la possibilité d’entreprendre des projets conformes aux exigences de renouveau du syndicalisme.
Notre apprentissage fut rude, mais quelle aventure humaine.
Pour les personnes que j’admire, la pensée et les actes ne font qu’un.
Dans la tentative de me conformer moi-même à cette exigence, Karine me fait dangereusement concurrence.
Nous sommes ainsi allés en Palestine dans le cadre d’une action de solidarité avec les salariés de l’aéroport de Gaza, sinistré en raison des bombardements.
Nous étions appuyés par la Section Internationale de la Confédération en coopération avec des syndicalistes pacifistes d’Israël.
La solidarité de l’UL et des syndicats et des sections CGT de plusieurs entreprises sur la Plate-forme nous a permis de faire don d’une importante somme d’argent de la part de militants.
Parmi les multiples idées dont nous avions entrepris la réalisation dans le cadre du CE, je aimerais pour terminer en rappeler quatre qui me tiennent particulièrement à cœur :
Celle de la collaboration avec des spécialistes, notamment par rapport au projet cible avion et pour améliorer les conditions de travail dans les restaurants.
Le mouvement syndical doit produire son savoir propre sans s’enfermer sur lui-même.
Garder sa pleine autonomie n’empêche pas de tirer partie de tous les savoirs.
Bernard Boulineau, directeur du CE, initiait cette orientation au niveau de la gestion.
En créant le magazine Ensemble nous voulions une ouverture sur tous les aspects de la vie et aussi nous adresser à toutes les catégories des personnels.
Outre les éditos qui analysaient la politique de la direction et annonçaient nos projets, nous réalisions des interviews avec les salaries et rédigions des articles sur la crise du logement, le cinéma, le théâtre, l’actualité et l’histoire du syndicalisme, l’égalité hommes/femmes, l’éducation des enfants, les horaires décalés, la maladie, les agents sportifs, les agents solidaires, la lecture, la musique, la danse, l’écologie, la laïcité ; et même l’architecture … suite à l’écroulement du Terminal E !
L’exigence de diversité et de qualité dans la communication me paraît incontournable pour le mouvement syndical, elle conditionne fortement la perception de celui-ci chez les salariés.
L’investissement des agents de la communication du CE dans la réalisation du Magazine était un atout important.
La réalisation du voyage solidaire au Mali, pays natal d’une partie des agents des restaurants, fut possible grâce au courage et générosité des agents des Escales. L’appuie de Kanté et ses amis fut décisif.
Il faut mondialiser la solidarité.
Et les agents des compagnies aériennes peuvent à ce titre jour un rôle important.
« L’homme marche avec la tête » disait le responsable de mon premier stage syndical.
En effet, pas de prise sur la vie et élaboration des actions réussie sans réflexion individuelle et collective.
D’ou l’importance de la connaissance et de l’imagination.
C’est dans cet esprit, et puisque toute pratique culturelle commence dans l’enfance, que nous avons instauré l’opération de distribution gratuite :
« Un livre, un enfant », et favorisé, à la médiathèque de Roissy - avec l’assistance des animateurs - l’accès à la lecture.
Il fallait développer tout ce qui donne sens à la vie et permette l’enrichissement des identités et l’ouverture vers les autres.
Trouver les moyens de mieux répondre à la grande diversité des agents de l’Escale.
Vous voyez j’ai presque réussi une prise de parole extrêmement courte par rapport à mes 32 ans de militantisme à la CGT !
Mais il me reste à remercier la direction.
Pour notre deuxième mandat, celle-ci décida, contre l’avis de la CGT, de fusionner les CE.
Un mal pour un bien !
Car cette décision arbitraire à permis de travailler davantage avec les camarades de province et de renforcer le Bureau par l’élection de Didier Fauverte.
Je disais un jour à Karine qu’il faut se lever tôt pour changer le monde et elle répliquai : » il ne faut même pas se coucher ! »
A en croire Le Figaro de la semaine dernière, l’énième maladie du capitalisme est grave.
Le quotidien cite un haut responsable de la banque mondiale qui suggère de nationaliser les pertes du système bancaire.
Dans l’éditorial de ce même journal on peut lire que :
« La situation actuelle appelle une réponse globale, à la mesure du séisme qui risque de se produire.
Il est minuit moins cinq.
Il reste peu de temps pour penser l’impensable avant qu’il ne survienne. ».
Nul doute que les financiers veulent faire payer la crise par des sacrifices du monde de travail.
Le syndicalisme fait partie des outils de résistance et de conquête.
Mais il faut décidément pour changer le système mettre l’imagination au pouvoir.
Je suis pour l’abolition du salariat et la libre association des travailleurs.
La retraite permet pour ma part la possibilité de réaliser ce projet.
Je vais enfin pouvoir atteindre le plein emplois de moi même.
Je ferais mon possible pour contribuer à la lutte commune.
Merci de m’avoir écouté.

La fête !


