Billet d'humeur d'un cadre de santé

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Les cadres de santé ont un rôle qui s’est fortement développé ces dernières années au sein des institutions hospitalières et en même temps, leur exercice s’est fortement dégradé.


Nombre de cadres expriment une pression croissante qui détériore leurs conditions de travail et compromet la qualité de leurs résultats.

L’impression que tout est de plus en plus subordonné aux résultats budgétaires apparaît souvent dans leurs discours.

Les cadres travaillent sans cesse dans l’urgence à des tâches répétitives sans valeur ajoutée par manque de moyens et d’outils.

Ils ont beau dénoncer le manque de concertation entre cadres administratifs et médecins ainsi que l’absence d’une culture de travail en interprofessionnel, rien n’y fait.

Les cadres de santé gèrent au quotidien une pénurie de personnel qui est devenue chronique, aussi, tous ceux qui veulent avancer avec leurs équipes dans des projets se retrouvent totalement frustrés de ne pas y parvenir.

Aussi, ce phénomène contribue largement à l’usure des cadres.

On aurait pu croire qu’avec la mise en place des pôles, la situation se serait améliorée : que nenni ! Les cadres de santé n’ont jamais été consultés.

Dans certains cas, la nomination de cadres affectés dans les pôles s’est faite dans une opacité totale, beaucoup d’entre eux dénoncent l’absence totale de procédure claire basée sur les compétences pour cette affectation.

Quant au temps de travail, il est évident que les cadres de santé travaillent régulièrement plus de 39 heures par semaine.

À ce tableau s’ajoutent l’augmentation de l’activité des cadres (groupes de travail divers, participation à des recrutements, gardes et astreintes administratives) et le manque de moyens.

Par manque de moyens, nous avons en tête l’exemple de cadres qui n’ont toujours pas de bureau personnel, ou d’autres, lorsqu’il existe, ont un bureau qui n’excède pas la surface de la cellule d’un détenu.

Un autre aspect qui n’est pas des moindre est celui de la prise de fonction qui est un moment difficile et crucial pour un cadre de santé débutant.

Il est nécessaire et indispensable de se pencher sur l’élaboration d’une politique d’accueil personnalisée et d’accompagnement des jeunes cadres de santé et de pouvoir s’appuyer sur une définition claire de fonction ou une fiche de poste qui permettra par la suite de les évaluer sur leurs résultats.

Il en est de même pour la formation initiale et continue des cadres qui devra s’inscrire dans le dispositif LMD (Licence, Master, Doctorat).

Enfin, la mise en place des pôles a poussé les cadres à se recentrer sur leur spécialité, mais ils en ont perdu en ouverture.

C’est en quelque sorte la traduction d’une évolution de la société au sein de l’hôpital. 

Cela ne doit pas leur faire perdre le sens réel de leur travail : le soin au patient. Marc CATANAS, Cadre de Santé APHM (Assistance Publique Hôpitaux de Marseille)