Secrétaire Général de l'USRAF
lors des obsèques d’Henri BERTAUT
le 4 juillet 2008
Nous voici réunis ce vendredi 4 juillet 2008 avec vous tous, parents et amis, avec la CGT d’Air France, l’Union des Ingénieurs Cadres et Techniciens d’Air France, l’Union Syndicale des retraités CGT d’Air France et le Parti Communiste Français, autour de la famille d’Henri BERTAUT et plus particulièrement d’Evelyne son épouse et de Martine et Alain ses enfants.
Henri nous a quittés ce mardi 1er juillet 2008 dans sa 76ème après avoir beaucoup donné durant une vie militante bien remplie.
Pour nous à la CGT d’Air France, nous ne pouvons penser à notre cher Henri sans évoquer l’ex compagnie nationale d’Air France où il entra en 1949 ainsi que le syndicat CGT et l’action qu’il y mena.
Très vite élu du personnel à Orly Sud, il fut membre du bureau du Comité d’Etablissement local créé en 1956. Puis en 1964, il devient trésorier général du Comité Central d’Entreprise d’Air France jusqu’en 1979.
En duo avec Gérard GAUDICHEAU, le Secrétaire Général du CCE, élu CGT et en lien avec le bureau central CGT animé par Paul BRAZEY, il contribua au redressement financier du CCE après une gestion contestable et contestée lors de la mandature précédente qui avait laissé le CCE en quasi faillite.
Dans le cadre d’une négociation intelligente et bien conduite avec la direction générale de l’époque, le professionnel financier qu’il était aussi, permit à Henri de créer les conditions du retour à l’équilibre des comptes du CCE avec la volonté de permettre le développement des activités du CCE et des CE au service de tous les salariés de la compagnie tant des Personnels au Sol que des Personnels Navigants.
Chargé aussi des questions de personnels du CCE, Henri mettra en œuvre des règles strictes mais aussi justes socialement ce qui n’est pas incompatible.
L’esprit qu’il insuffla reposait sur un concept encore valable aujourd’hui : « les personnels au CCE n’avaient ni moins, ni plus que les personnels d’Air France ».
Par delà de la diversité des points de vue, Henri bénéficiera toujours de l’écoute et du respect des salariés du CCE, des élus, des autres organisations syndicales et de la direction générale d’Air France en raison d’une autorité morale incontestée.
C’est à cette période qu’une politique de patrimoine déterminée sera menée avec une gestion et un contrôle par les élus qui permet encore aujourd’hui au personnel d’Air France et sa famille d’en bénéficier.
Je veux rappeler ici l’attention toute particulière qu’Henri a eu pour le village de SCUBIDAN à GUIDEL.
En plus des personnels, la direction de l’époque citait la gestion exemplaire du CCE bien au-delà du périmètre de la compagnie et le haut niveau des activités sociales faisait partie de son argumentaire pour un recrutement de qualité dans le cadre d’un transport aérien public, professionnel et responsable, premier garant de la qualité et de la sécurité des vols pour tous nos passagers.
C’est aussi Henri qui le premier lancera le chantier à l’époque très ambitieux et complexe mais aussi rapidement bénéfique de l’informatisation du CCE, ainsi que le concept de contrôle de gestion permettant ainsi d’améliorer encore les activités sociales du CCE.
En 1979, en accord avec le syndicat, Henri réintégra la direction financière, laquelle saura utiliser ses compétences. Il effectuera de nombreuses missions difficiles en tant que cadre financier expatrié au Liban pour le Moyen-Orient au début des années 1980, au Brésil pour l’Amérique du Sud de 1982 à 1986 puis en Allemagne à partir de 1986 jusqu’à sa retraite en 1990.
Toujours présent dans le combat pour la défense des intérêts du personnel, il était disponible pour répondre aux différentes sollicitations des militants.
Tout naturellement, il prit sa place au sein de notre Union Syndicale des Retraités CGT d’Air France dont il était le trésorier général et là encore ses qualités professionnelles se révélèrent dans la gestion de la trésorerie syndicale tout particulièrement dans la présentation des budgets que d’autres organisations nous envient. Par ailleurs, il apportait beaucoup dans la préparation et la gestion de nos congrès.
Il a été aussi membre de la CE Fédérale de 1968 à 1976 et membre du bureau de l’Union Fédérale des Retraités des Transports CGT de 1992 à ce jour.
Parallèlement, il s’investira beaucoup au sein de la Mutuelle Nationale des Personnels d’Air France pour faire valoir notre conception d’une protection sociale de haut niveau.
Il y mena un travail ardu à la fois contre le désengagement financier de la direction mais aussi contre une vision mutualiste qui n’était pas la nôtre. Son combat a permis des avancées que nous voulons encore faire prospérer.
Travailleur inlassable, citoyen responsable, syndicaliste, membre du Parti Communiste Français, Henri est de ceux qui construisent et luttent pour un monde meilleur. Il me parait important de préciser que cette vie militante a été possible grâce à la présence discrète mais combien efficace d’Evelyne son épouse toujours à ses côtés.
Certes, dans une vie aussi riche d’événements que celle d’Henri, il n’est pas possible de tout relater mais je sais qu’il avait en duo avec Gérard GAUDICHEAU commencé l’écriture d’un livre sur l’épopée du CCE Air France dans laquelle ils se sont tous les deux pleinement investis. Je forme le vœu que Gérard puisse parachever ce travail comme il vient de me le confirmer.
Henri, toi si présent depuis si longtemps parmi ceux que l’on appelle du si beau nom de « camarades » pour ce combat vers notre idéal d’une vie et d’un monde meilleur, tu restes et resteras présent dans nos cœurs.