Les salaires des cadres ont augmenté

 en 2007 pour un cadre sur deux

En 2007, le salaire médian des cadres s’établit à 45 keuros : la moitié des cadres perçoit un salaire annuel brut inférieur à ce montant et l’autre moitié un salaire supérieur.

Le salaire moyen est de 51 keuros. 46 % des cadres qui sont restés dans la même entreprise1 déclarent que leur rémunération annuelle totale2 a augmenté en 2007.

Cela signifie qu’au moins un cadre en poste sur deux a perdu en 2007 du pouvoir d’achat.

Les augmentations individuelles sont plus fréquentes et plus élevées que les augmentations collectives.


La moitié des augmentations individuelles a été supérieure à 4 %3.

Les augmentations collectives ont été comprises entre 1 et 4 %.

Enfin, les augmentations sont plus fréquentes pour les cadres en début de carrière que pour les plus expérimentés.

Cadres recrutés en 2007 : le poids de la durée du chômage sur la rémunérationParmi les cadres recrutés en 20074, 60 % ont changé directement d’entreprise et 40 % ont connu une période de chômage.

64 % des cadres qui ont changé directement d’entreprise ont vu leur rémunération croître, contre seulement 33% des cadres qui connu une période de chômage.

Enfin, plus cette période de chômage a été longue, moins ils sont nombreux à avoir vu leur rémunération augmenter par rapport à leur dernier poste.

53% des cadres en poste jugent leur rémunération satisfaisanteUn peu plus de la moitié des cadres déclare que sa rémunération est satisfaisante.

Concernant les perspectives d’évolution, le pessimisme est de mise.

Moins d’un tiers des cadres restés dans la même entreprise juge ses perspectives d’évolution de rémunération « intéressantes », voire très « intéressantes ».

Ceux qui ont intégré une entreprise en 2007 après une période de chômage sont légèrement moins négatifs.


Seuls ceux qui ont changé directement d’entreprise sont majoritairement optimistes : ils représentent une proportion égale à 51%.

Zoom sur le salaire dans les offresPour les recrutements suite à une offre d’emploi5, le salaire brut annuel médian6 à l’embauche des cadres est de 33 KEuros hors commissions.

Il est de 35 KEuros commissions comprises. 31 % des salaires à l’embauche sont strictement conformes aux salaires envisagés par l’entreprise dans l’offre d’emploi contre 47% en 2006.

Lorsqu’il y a un ajustement à la hausse ou à la baisse, c’est l’expérience professionnelle du cadre qui est le critère le plus fréquemment évoqué par les recruteurs.

Par rapport à 2006, davantage d’entreprises ont du revoir leurs propositions de salaires à la hausse comme à la baisse en fonction du profil du candidat, principalement en raison des difficultés à trouver la bonne personne.

40% des salaires à l’embauche ont été tirés vers le haut (contre 32% en 2006). 29% des salaires à l’embauche ont été tirés vers le bas (contre 21% en 2006).

          Les entreprises lâchent du lest... 

Les revendications sur le pouvoir d'achat commencent à faire mouche alors que les conflits salariaux se multiplient depuis le début de l'année.

Subissant la pression, certains employeurs renouent avec les augmentations générales, malgré la règle plus répandue des blocages persistants (on se souvient des conflits d'IBM, de Capgemini, de L'Oréal et surtout, bien sûr, de La Redoute où les négociations furent très tendues et les résultats peu à la hauteur des espoirs des salariés).

Pour calmer le jeu social, des entreprises renouent avec les clauses de revoyure (revalorisations par rapport au niveau de l'inflation) ou travaillent sur les primes d'intéressement. Détente ?

... et les cadres grognent...

D'après un sondage IFOP du 30 mai (donc avant le passage de la nouvelle loi anti 35 heures), la moitié des cadres se disent mécontents de leur niveau de salaire, mais ils sont peu nombreux à vouloir monnayer leurs RTT.

Si 92 % des cadres s'estiment globalement satisfaits de leur situation professionnelle, il ne s'agit que d'une satisfaction de façade (48 % sont « plutôt satisfaits »).

Le niveau des salaires est ainsi jugé insuffisant par un cadre sur deux, près d'un sur deux estimant manquer de perspectives d'évolution de carrière.

...sans toucher aux RTT

D'après ce même sondage réalisé pour Les Échos, sur 75 % de cadres bénéficiaires de jours de RTT, moins d'un sur deux souhaite céder tout ou partie de ses jours.

Les cadres estiment travailler déjà beaucoup : 78 % assurent effectuer des heures supplémentaires non rémunérées.

Travailler plus, d'accord, mais pas à n'importe quel prix.

La Voix du Nord

Les cadres veulent gagner plus

mais pas à n'importe quel prix
[ 07/08/08 ]

Selon une étude de l'Ifop, la moitié des cadres se disent mécontents de leur niveau de salaire. Mais ils sont peu nombreux à vouloir monnayer leurs RTT.

La grogne monte aussi chez les cadres, comme l'illustre un sondage réalisé pour « Les Echos » par l'Ifop avant même l'adoption de la loi sur les 35 heures (*).

Si 92 % des cadres s'estiment globalement contents de leur situation professionnelle, il ne s'agit que d'une satisfaction « de façade » (seuls 44 % sont très satisfaits de leur situation, contre 48 % plutôt satisfaits), masquant de sérieux éléments de récrimination, indique Jérôme Fourquet, directeur adjoint du département opinion et stratégies d'entreprise de l'institut.

En tête de ces éléments : le niveau des salaires, jugé insuffisant par un cadre sur deux. Mais aussi l'absence de perspectives.

« Seuls 39 % des cadres sont satisfaits de leurs perspectives d'évolution de carrière et 51 % des formations reçues. Sur ces deux points, la machine est grippée.

Ce qui rend d'autant plus insupportable la question des salaires », analyse Jérôme Fourquet.


« Un rôle de soupape »

Autre conséquence : l'érosion de la motivation (37 % des sondés admettent être démotivés) et de la confiance des cadres en leurs directions (surtout celle des ressources humaines, en chute de 6 points sur deux ans, à 57 %).

 A contrario, la confiance dans les collègues progresse (+ 10 points, à 93 %).

« Ils serrent les rangs face à une gestion à court terme qui heurte leur vision de l'entreprise », explique Jérôme Fourquet.

Et deux tiers d'entre eux se disent stressés.

C'est sans doute pourquoi ils restent très attachés à leurs RTT : sur 75 % de bénéficiaires, moins d'un sur deux (49 %) souhaite céder tout ou partie de ses jours. Etparmi eux, une faible minorité (12 %) se dit prêt à monnayer la totalité des RTT, les autres ne concédant à sacrifier que quelques jours.


Les cadres estiment travailler déjà beaucoup : 78 % assurent effectuer des heures supplémentaires non rémunérées.

« Le concept du «travailler plus pour gagner plus» ne séduit qu'une partie des cadres, analyse l'Ifop.

Car, malgré des disparités significatives (25 % des cadres n'en ont pas, 39 % en ont moins de 11 jours, 37 % plus de 11 jours), les RTT jouent un rôle de soupape de sécurité face au stress. »

D'où un risque de tensions futures, avertit Jérôme Fourquet, « si les entreprises saisissent massivement la possibilité que leur donne la loi sur les 35 heures de tout remettre à plat ».

Pouvoir d’achat

Augmentation du salaire de base

Reconnaissance des qualifications

   Spécial salaire de cadres :
Avez-vous les cinq atouts payants ?

01/09/2007 - L'Expansion


Quelles compétences entraînent en 2007 les plus belles rémunérations ? Et dans cinq ans ? « L'Expansion » a recueilli l'avis des pros du recrutement.

Un bonus de 2 millions d'euros... Oui, et alors ? » Blasé, ce candidat en rendez-vous chez un chasseur de têtes parisien a l'air de trouver la somme normale. C'est vrai qu'à côté du bonus record, supérieur à 10 millions d'euros, décroché l'an dernier à la City de Londres par un Français - un diplômé de Centrale-Paris -, c'est une bagatelle ! « Nous sommes en plein dans la guerre des talents », constate Albert Hiribarrondo, associé à Sirca, une société de conseil en recherche de cadres dirigeants. Dans la finance, l'immobilier, le conseil, les nouvelles technologies, les candidats sont assaillis de propositions d'embauche. Forcément, les rémunérations explosent, quelle que soit la taille de l'entreprise. Depuis environ un an et demi, l'écart entre grands groupes et PME a fondu. « En moyenne, il est passé de 35 à 15 % », relève Thierry Carlier-Lacour, directeur associé au cabinet de recrutement Humblot-Grant Alexander. Les entreprises se battent pour des profils capables de conduire les politiques de réduction de coûts, les fusions-acquisitions, les phases d'industrialisation ou d'entrée en Bourse. Dans un tel contexte, certains jobs paraissent devoir rester durablement très bien payés. Revue de détail des compétences qu'il faut avoir et des secteurs où il faut se placer pour gagner beaucoup d'argent.

La performance se monnaie

« La rémunération est maximale quand la performance est quantifiable sur un tableau de bord », relève d'abord Jean-Luc Placet, président de la fédération Syntec, conseiller en management et dirigeant du cabinet de conseil IDRH. En la matière, les métiers de la finance s'installent sur le haut du podium. Ce patron de marché de capitaux a décroché un pactole de quelque 8 millions d'euros en passant dans une banque d'affaires concurrente. Outre son savoir-faire, c'est l'arrivée parfaitement quantifiable de la vingtaine de gros clients qu'il a entraînés avec lui qui est rémunérée. En moyenne, avec sept ans d'expérience, les traders gagnent jusqu'à 120 000 euros en fixe et un bonus d'au moins 50 %, selon le cabinet de recrutement Robert Half International. Les « structureurs » (qui combinent plusieurs produits financiers pour structurer une opération) avec sept ans d'expérience peuvent gagner jusqu'à 150 000 euros en fixe et touchent un bonus minimal de 30 %. Quant aux experts en fusions-acquisitions, ils sont emblématiques de la prise de risque et rémunérés comme tels. Leur salaire moyen de base se situe entre 130 000 et 150 000 euros, et est assorti d'un variable au moins égal. De même, les directeurs des investissements en LBO (leverage buy-out), qui ont pour mission de s'endetter pour investir avant de rembourser l'emprunt grâce aux profits réalisés par l'entreprise, gagnent un salaire moyen de base de 200 000 euros et un variable de 200 000 à 350 000 euros.

L'expertise a la cote

Plus que jamais, un bon expert se vend cher. Un spécialiste reconnu en transactions immobilières d'entreprise, avec dix ans d'expérience, placé à la tête d'une petite équipe, peut espérer gagner entre 120 000 et 150 000 euros en fixe, plus le variable lié au chiffre d'affaires réalisé. Dans les nouvelles technologies, le directeur des activités Internet ou l'expert en gestion de la relation client (CRM) se distinguent. « Le directeur du marketing d'une marque forte auprès de la grande distribution, qui connaît sur le bout des doigts la palette de toutes les technologies comme Internet et le CRM, s'arrache à prix d'or », explique Albert Hiribarrondo. Un cadre débutant dans la fonction marketing qui aurait des responsabilités internationales peut gagner en fixe 90 000 euros, et un cadre confirmé, jusqu'à 160 000 euros, variable inclus. En informatique, « celui qui maîtrise des programmes pointus et encore rares en France, comme Java, dope considérablement son salaire », relève Frédéric Béziers, directeur régional chez le recruteur Hays. Les experts sont aussi recherchés pour accompagner les entreprises françaises dans leur internationalisation. L'associé d'un cabinet de conseil en stratégie internationale peut attendre un salaire moyen de base de 120 000 à 150 000 euros, assorti d'un variable de 100 000 à 150 000 euros. L'associé d'un cabinet d'avocats d'affaires ayant une dimension internationale peut recevoir un salaire moyen de base de 150 000 à 200 000 euros et un variable allant de 220 000 à 280 000 euros. Pour les stars, la rémunération peut grimper à 1 million d'euros. A l'heure où les entreprises s'approvisionnent sur toute la planète, la fonction de directeur des achats pour un grand groupe se négocie aussi très bien.

Prime à la rareté

Si le métier est rare et recherché, la rémunération augmente d'autant. Du fait des contraintes réglementaires, comme celles de Bâle II, et de la complexité des produits financiers dérivés, un contrôleur des risques de marché avec sept ans d'expérience peut gagner jusqu'à 120 000 euros en fixe et un bonus allant de 20 à 70 %, selon Robert Half International. Depuis le 1er janvier 2005 et l'application des nouvelles normes IFRS pour les groupes cotés en Europe, les entreprises ont besoin de profils pointus, comme celui de consolideur. Sa mission est de restituer des données homogènes du groupe à partir des éléments comptables et financiers des filiales. Avec plus de dix ans d'expérience, il gagne jusqu'à 120 000 euros. Dans l'assurance, le poste en vogue est celui de l'actuaire. Limité par un numerus clausus, il peut gagner jusqu'à 150 000 euros avec sept ans d'expérience. « Depuis un ou deux ans, les grands cabinets de courtage font monter les enchères pour les bons chargés de clientèle en assurance-vie collective, autre spécialité en plein boom », explique Sidonie Couture, responsable du pôle assurances de Robert Half Finance. Avec cinq ans d'expérience, ils peuvent gagner jusqu'à 120 000 euros plus un variable annuel pouvant atteindre 35 000 euros.